orthologo

Petit au revoir

Depuis maintenant plusieurs mois, je n'exerce plus le métier d'orhophoniste.

J'exerce maintenant d'autres fonctions toujours au sein de la Fonction Publique. Cela faisait longtemps que j'avais envie d'autres choses, d'apprendre de nouveau et de partager autrement ce qui me passionne : le soin, l'écoute...

J'ai appris au fil des années que les soignants ne pouvaient exercer leur art qu'en étant reconnus, estimés, valorisés, accompagnés... J'ai donc choisi de m'orienter vers l'accompagnement de ces soignants pour que nous puissions ensemble rêver et développer une utopie du soin plus humaniste, plus à l'écoute qui s'inscrive dans une éthique partagée.

En quelque sorte, j'essaie de mettre en place plus largement ce que j'ai toujours tenté d'offrir aux patients qui m'étaient confiés. Permettre aux soignants de prendre la parole et donner du sens à leur engagement...

Cette évolution de carrière explique donc que j'intervienne moins sur ce blog... Je pense toujours avoir ma légitimité d'orthophoniste, thérapeute du langage et de la communication mais je n'ai plus le temps de consacrer la même énergie à ce blog. J'avoue que ce travail réflexif me manque... mais je réfléchis déjà à essayer de le transposer à ma nouvelle profession. 

J'espère que cette bulle d'oxygène qu'a été ce blog au fil du temps sera pour ceux qui sont prêts à cette réflexivité une source de questionnement, d'éveil, de remise en cause de nos enseignements orthophoniques.

Si j'en trouve le temps, j'essaierai de continuer à transmettre les informations ici ou ailleurs. 

Merci à ceux et celles qui m'ont suivi pendant toutes ses années... Merci de vos questions, merci de vos soutiens, de vos attaques qui sont la preuve que le monde de l'orthophonie peut être vivant...


Orthophoniquement vôtre. 

Orthologo

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27 juin 2017

Burn out : Mieux former les managers

RESSOURCES HUMAINES

La mission sur le burn out préconise de mieux former les futurs managers du privé et du public


Publié le 15/02/17 - 17h42 - HOSPIMEDIA

Le rapport de mission menée sur l'épuisement professionnel formule une trentaine de propositions pour une meilleure reconnaissance du burn out. Parmi celles-ci, une meilleure formation des futurs managers ou encore une expérimentation pour faciliter sa reconnaissance comme maladie professionnelle sont préconisées.

La mission d'information relative au syndrome d'épuisement professionnel, ou burn out, présidée par Yves Censi (LR, Aveyron), dont le rapporteur est Gérard Sebaoun (SER, Val-d'Oise), a rendu public son rapport ce 15 février, formulant une trentaine de propositions pour une meilleure reconnaissance de ce syndrome. Une trentaine d'auditions ont été réalisées par la mission, dont celles de syndicats des personnels de santé, de représentants des praticiens hospitaliers et des infirmiers, des directeurs d'hôpitaux ou encore des fédérations hospitalières du secteur public et privé.

"Notre rapport ne prétend pas à l'exhaustivité mais tente de mieux cerner la réalité complexe de l'épuisement professionnel dans une société en profonde mutation", a expliqué Gérard Sebaoun. Il a souligné que "la souffrance psychique au travail est une réalité grandissante qui ne s'est pas substituée à la pénibilité physique". En effet, celle-ci "bénéficie d'une prévention qui a progressé et s'est développée avec des protections individuelles ou collectives". Il a rappelé en préambule qu'il est de la responsabilité des employeurs de prendre "les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs". L'employeur a en effet l'obligation d'évaluer les risques, notamment psychiques, au travers du document unique d'évaluation des risques (DUER), "ce que ne font pas la moitié des entreprises".

Un centre national de référence sur la santé psychique au travail

Le rapport a cherché à délimiter tout d'abord le champ de l'épuisement professionnel, "qui reste un syndrome et non une maladie à ce stade". Mais les rapporteurs ont constaté le besoin d'approfondir et de stabiliser les connaissances sur cette question. Ils appellent donc en premier lieu à "la création d'un centre national de référence consacré à la santé psychique au travail". Les députés ont ensuite réaffirmé la réalité de ce syndrome dans le monde du travail en revenant sur les chiffrages disponibles. L'Institut national de veille sanitaire (InVS) a évalué à 30 000 les personnes directement touchées dans une étude portant sur les salariés actifs entre 2007 et 2012, expliquent-ils. Mais ce chiffre serait d’environ 100 000 si l'on suit le rapport de l'Académie de médecine publié en 2016 (lire notre article). "Ces chiffres sont à mettre en regard avec le nombre très limité de maladies psychiques reconnues comme maladies professionnelles par la voie complémentaire hors tableau, soit 223 en 2013, 315 en 2014 et 418 en 2015, très majoritairement des dépressions", a détaillé le rapporteur.

Il a rappelé que les maladies professionnelles sont reconnues* lorsqu'elles sont prévues par l'un des 57 tableaux existant en annexe du Code de la sécurité sociale. Elles peuvent également être reconnues selon la procédure complémentaire hors tableau, par un comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles (CRRMP). Mais les réponses actuelles sont inadéquates et "a minima insuffisantes voire inadéquates". C'est pourquoi la mission propose de mettre en place des outils pour améliorer le dépistage et la prise en charge rapide des victimes de burn out, avec l'élaboration d'un nouveau questionnaire au service des médecins, le renforcement du maillage territorial de consultations multidisciplinaires et un site Internet public à destination de tous et des professionnels.

Le "casse-tête" des certificats médicaux

Le rapport aborde également "le casse-tête des certificats remplis par les médecins face à des travailleurs fragilisés, souvent en détresse, devenus patients, qui établissent un lien entre l'état de santé et travail". L'attestation de ce lien et la mise en cause de l'activité professionnelle a conduit environ 200 médecins à être poursuivis devant les juridictions ordinales, a souligné Gérard Sebaoun. Il a donc insisté sur le fait de permettre aux médecins du travail d'attester des souffrances au travail et "du lien avéré avec leur activité professionnelle après une enquête clinique approfondie". Le rapporteur a souligné l'importance de l'amélioration de la formation des managers, du secteur privé comme dans la fonction publique.

Et concernant la formation des futurs managers, il a préconisé une formation théorique dès les bancs des grandes écoles ou de l'université mais aussi "une obligation de stages longs au sein de services opérationnels semblables à ceux qu'ils sont appelés à diriger ou à superviser". Une formation devrait plus généralement être dispensée à "tous les acteurs susceptibles d'intervenir à toutes les étapes, de la prévention des risques psychosociaux à la prise en charge des victimes d'épuisement professionnel", a estimé le député.

Parmi les autres propositions formulées par la mission figurent :
  • l'extension du droit d'alerte des délégués du personnel et des membres élus du comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) à l'obligation de la réalisation ou d'actualisation du document unique ;
  • l'inscription de la prévention des risques psychosociaux dans le champ des négociations obligatoires annuelle (NAO) ;
  • l'octroi du statut de salarié protégé pour les infirmiers en santé au travail, à l'instar des médecins du travail, "car leurs missions ont largement évolué depuis le vote de la loi Travail".

Faciliter la reconnaissance comme maladie professionnelle

Enfin, la mission a abordé la question de l'inscription du burn out dans un tableau de maladie professionnelle. La construction d'un tel tableau pose de nombreux problèmes : la question de la définition d'abord et le cadenas réglementaire exigeant un taux d'incapacité permanente partielle (IPP) minimal de 25%, "qui limite considérablement le nombre de dossiers éligibles par la voie des CRRMP". De plus, l'examen des demandes de reconnaissance de pathologies relevant du burn out et acceptées par le CRRMP d'Île-de-France comme maladies professionnelles fait apparaître qu'elles concernent pas moins de 95 professions distinctes. La mission propose donc d'expérimenter l'abaissement du taux d'IPP requis à 10% voire de sa suppression "afin d'augmenter le nombre des dossiers éligibles tout en laissant inchangées les autres conditions". Cependant, conscient du "risque réel de surcharge" des CRRMP, le rapporteur recommande "de renforcer dès maintenant leurs moyens, notamment en dédoublant les comités les plus chargés".

Quant au coût économique et social du burn out, "il est certainement considérable même s'il peine à être quantifié, faute de définition". Le rapporteur a néanmoins cité des études évaluant le coût annuel du stress au travail entre 2 et 3 milliards d'euros. La mission souhaite d'ailleurs la prise en charge par la branche accident du travail-maladies professionnelles (AT-MP) du suivi psychologique à la suite d'une maladie professionnelle dès lors qu'il aura été prescrit, "dans le droit fil de prises en charge expérimentales ou dérogatoires du suivi psychologique par un psychologue clinicien par l'Assurance maladie".
Caroline Cordier

* Cette reconnaissance ouvre droit à une prise en charge à 100% des conséquences médicales et salariales de la maladie, ainsi qu'à une rente dépendant du taux d'incapacité une fois la pathologie consolidée.

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DOMINIQUE YPSILANTIS23/02/2017 - 17h22

L'épuisement professionnel dans les métiers de santé est essentiellement imputable aux compressions d'effectifs tous azimuts requises par la RGPP qui en supprimant un grand nombre de postes jugés surnuméraires ont ébranlé des organisations de travail naguère solides et adaptées; Si on ajoute à cela qu'il a été requis une augmentation de la "productivité" des institutions hospitalières, du fait des fermetures de structures et/ou de lits et des plans de retour à l'équilibre, et au fait que, par capillarité, le stress subi en haut de l'édifice hospitalier se propage vers le bas, tous les désastres actuels s'expliquent; les managers intermédiaires sont la plupart du temps formés à ce risque ( quelquefois même ce sont les seuls à être formés, donnant l'impression très forte que les RPS leur sont imputables ..) mais qu'en est-il des décideurs qui se trouvent en haut de la pyramide ? se sentent-ils directement impliqués dans les conséquences sur la santé des agents que génèrent leurs décisions ? Pas sûr... chacun a bien travaillé dans son domaine d'attribution, a accompli sa mission, sans souci du résultat final 
D.YPSILANTIS CFTC HOPITAL STELL RUEIL 92

Jean-François LADRANGE16/02/2017 - 14h00

je ne vois pas dans ce rapport la notion de l'intervention indispensable du médecin du travail...

Max André DOPPIA16/02/2017 - 07h34

Bravo pour ce Rapport Parlementaire pour lequel les organisations syndicales de Praticiens Hospitaliers ont été auditionnées ainsi que le Collège Français des Anesthésistes Réanimateurs. Ce dernier, tres tôt impliqué dans ce domaine des RPS, propose sur son site www.cfar.org ( onglet SMART) et depuis 2009, un espace d'informations et des outils pour comprendre et mesurer le Syndrome d'Epuisement Professionnel et d'autres troubles de La sante chez les professionnels de santé. Ces évaluations sont possibles anonymement soit à titre individuel, soit à l'échelle d'une équipe de soins, et mono ou multidisciplinaire ou multiprofessionnelle. Ce service est librement accessible. Il a valu un prix attribué au CFAR, à Barcelone au congres de l'EAPH ( European Association for Physicians' Health) en 2014. Cette année le congres se tient à Paris (www.eaph.eu ). Le CFAR y présentera deux nouveaux abstracts et fera état d'une nouvelle campagne nationale de sensibilisation en France auprès du corps medical dans son ensemble. Cette campagne rassemblera 25 partenaires institutionnels et associatifs. À suivre prochainement sur le site du CFAR et ceux de ses partenaires... contact smart@cfar.org Dr Max-André DOPPIA président de la Commission SMART et SGAdjt du CFAR. www.cfar.org

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Burn out-HAS

RESSOURCES HUMAINES

La HAS émet des recommandations pour permettre un meilleur diagnostic du burn out


Publié le 22/05/17 - 12h39 - HOSPIMEDIA

Dans le cadre de travaux annoncés il y a plusieurs mois, la Haute Autorité de santé vient de publier des recommandations pour permettre aux médecins traitants et aux médecins du travail d'élaborer de meilleurs diagnostics du syndrome d'épuisement professionnel ou burn out et de personnaliser sa prise en charge.

La Haute Autorité de santé (HAS) annonce ce 22 mai la publication de recommandations, notamment sous la forme d'une fiche-mémo pour permettre aux médecins traitants et aux médecins du travail d'élaborer de meilleurs diagnostics du syndrome d'épuisement professionnel ou burn out. L'objectif est "de repérer les symptômes et de dresser le bon diagnostic, afin de proposer une prise en charge personnalisée et d'aider au retour au travail". La HAS met également en ligne un rapport dans ce cadre. Ces travaux font suite à l'annonce en février 2016 de la ministre des Affaires sociales et de la Santé alors en poste, Marisol Touraine, de sa volonté de mettre en place un groupe de travail — médecins, experts, chercheurs — pour définir ce qu'est médicalement le burn out et la manière de le traiter (lire notre article). Le groupe s'est depuis installé au sein de la haute autoritéCette annonce ministérielle faisait écho à un rapport de l'Académie nationale de médecine estimant que le burn out renvoie aujourd'hui à une réalité mal définie et recommandait d'établir des critères cliniques de diagnostic (lire notre article).

Un diagnostic "difficile" à établir

La HAS rappelle ici que le terme "burn out", entré dans le langage courant, est aujourd'hui utilisé pour décrire "toute sorte de stress, de grande lassitude ou de fatigue par rapport à son travail". Il s'agit pourtant d'un "véritable syndrome qui se traduit par un épuisement physique, émotionnel et mental profond, causé par un investissement prolongé dans des situations de travail exigeantes". Il peut avoir des conséquences "importantes sur la santé et la vie sociale des personnes et requiert une prise en charge médicale adaptée", souligne-t-elle. "Pour autant, le diagnostic de ce syndrome — qui n'est pas une maladie en tant que telle — reste difficile à établir ; il peut souvent passer inaperçu, être diagnostiqué à tort ou encore traité de façon inadéquate", poursuit la HAS. Mais l'identification est complexe pour différentes raisons, développe-t-elle : "ses manifestations diffèrent d'un individu à l'autre, s'installent de manière progressive voire insidieuse et sont parfois les mêmes que pour d'autres troubles psychiques ou maladies". Ces principaux symptômes sont aussi bien d'ordre émotionnel (anxiété, tristesse, hypersensibilité, absence d'émotion...), cognitif (troubles de la mémoire, de l'attention, de la concentration...), comportemental ou interpersonnel (isolement social, comportement agressif ou violent, diminution de l'empathie, comportements addictifs...), motivationnel (désengagement, remise en cause professionnelle, dévalorisation...) que physique (troubles du sommeil, troubles musculo-squelettiques, gastro-intestinaux...). "Après avoir identifié ces manifestations et écarté l'hypothèse d'une maladie physique, il faudra juger de leur sévérité et évaluer en priorité le risque suicidaire", est-il souligné.

Pas de recours systématique aux anti-dépresseurs

Les symptômes repérables n'étant pas spécifiques au burn-out, explique la HAS, le médecin traitant et le médecin du travail devront s'intéresser en complément :
  • aux conditions de travail (intensité et organisation du travail, exigences émotionnelles, autonomie et marge de manœuvre, relations dans le travail, conflits de valeurs, insécurité de l'emploi) ;
  • à la personne et à son vécu (antécédents personnels et familiaux — notamment antécédents dépressifs —, événements survenus dans la vie personnelle, soutien de l'entourage, rapport au travail).
"La confrontation de ces différentes analyses permettra d'établir ou non le diagnostic de burn-out", est-il développé. Cela permettra en effet de "le différencier d'autres troubles psychiques (dépression, troubles anxieux, stress post-traumatique) ou d'établir qu'ils coexistent avec lui" et l'aide d'un psychiatre "pourra être sollicitée à cette étape".

Une prise en charge individualisée du burn out

La HAS explique que la prise en charge du burn out doit être "individualisée en fonction des manifestations constatées, aux éventuelles pathologies associées identifiées, à l'historique du patient et de son travail". Elle repose principalement sur :
  • un arrêt de travail, dont la durée est adaptée à l'évolution du trouble et au contexte socio-professionnel ;
  • la combinaison d'interventions psychothérapeutiques ou psycho-corporelles (thérapies cognitivo-comportementales, relaxation, médiation pleine conscience, etc.) ;
  • un "éventuel" traitement médicamenteux, notamment par antidépresseurs, mais "uniquement si le burn-out est associé à des troubles anxieux ou dépressifs" ;
  • l'intervention d'un psychiatre pour les cas complexes ou sévères, pour une réévaluation des traitements médicamenteux ou pour une poursuite d'arrêt maladie.

Enfin, la haute autorité souligne qu'il est nécessaire d'anticiper et de préparer le retour au travail. "L'analyse du poste et des conditions de travail permettra de mettre en place d'éventuelles actions de prévention individuelle et/ou collective", précise-t-elle. Aussi, avant le retour au travail, il est recommandé d'organiser une (ou plusieurs) visite(s) de pré-reprise avec le médecin du travail. Et à l'issue de la visite de pré-reprise, le médecin du travail pourra recommander des aménagements ou adaptations du poste de travail, voire des mesures visant à faciliter le reclassement du salarié ou sa réorientation professionnelle. Enfin, la HAS met l'accent sur le caractère indispensable d'un "suivi régulier impliquant le médecin du travail, le médecin traitant et, le cas échéant, le psychiatre" pour aider au maintien dans l'emploi du patient.
Caroline Cordier

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Jean-Marie GARCIN24/05/2017 - 08h41

Soyons simples: je croyais qu'en Français, le "burn-out" était l'épuisement (professionnel, par exemple), car il existe bien et c'en est la traduction, jusqu'à preuve contraire.

Jean-François STEUNOU24/05/2017 - 08h30

Bonjour, il est important que l'HAS avance sur ce sujet du repérage de ce syndrome. Il est important que des médecins de ville ou médecins du travail se sentent pleinement "autorisés" à nommer le burn out lorsque des personnes leurs font état de leur difficulté au travail. C'est un pas…et ce serait un réel progrès! 
Mais il est important que l'on reconnaissent désormais qu'il y a un lien entre cet état de souffrance et les situations de travail. Une approche de prévention ne peut se satisfaire in fine d'une prise en charge individualisée, car elle induit, en creux, un repérage individualisé et une causalité individualisée. Le lien entre l'apparition du burn out et les conditions de travail et de qualité de vie au travail est désormais extrêmement repéré par tous les professionnel qui interviennent au sein des entreprises. 
L'enjeu n'est pas la compétence de nos psychiatres, mais la qualité de nos organisations et de nos management au sein des entreprises et institutions. Il serait temps que les réflexions "s'aèrent" un peu et se fondent sur des données empiriques réelles et des études longitudinales suffisantes pour que nos entreprises définissent mieux leurs systèmes de management, de service ou de production. Il est donc important que les réflexions issues du monde médical s'ouvrent à des travaux inter-disciplinaires incluant des sciences humaines (psychosociologie, sociologie, économie…), et que ces travaux se mènent en lien avec le monde de l'entreprise et du travail. Les démarches doivent être axées sur une meilleure compréhension des mécanismes et les facteurs qui favorisent l'apparition du burn out , sur les moyens de le prévenir collectivement à l'échelle de nos sociétés ou de nos organisations et pas simplement sur le fait d'apprendre à le supporter ou d'y faire face individuellement.

Jérôme RODRIGUEZ23/05/2017 - 11h06

Finalement le Burnout c'est entre le médecin du travail et le médecin généraliste et l'accompagnement psychologique voire psychiatrique. 
Pourquoi ne pas enseigner la prévention dans les écoles de Rennes et les Ecoles de cadres et en formation pour le personnel de tout niveau ?. Le plan proposé n'est pas préventif, Je n'ai pas vu de formation coaching, ce n'est que de l'accompagnement du repérage... Mais bon sang ! depuis qu'on en parle mettons la prévention en amont avant de passer à l'étape médecins su travail-médecin généralistes où il est trop tard...

Sandra BRIANTO23/05/2017 - 09h24

Article très intéressant dans le cadre du diagnostic et du traitement du burn-out.

Cependant, un rapport au temps mesuré (cesser de tout considérer comme une urgence, prendre le temps d'écouter...), un peu de bienveillance et d'empathie, l'étude du non-jugement, la possibilité d'espaces de récupération neutres à l'entreprise pourrait contribuer à la PREVENTION de ce syndrome d'une violence rare et aux conséquences collatérales importantes.

Relaxation, méditation -et non pas "médiation"- de pleine conscience (lapsus révélateur de l'auteur ?) seraient encore plus à propos AVANT que le feu ne consume l'être (le burn-out est métaphoriquement traduisible par : « incendie de la personne »), avant que la société toute entière ne soit en burn-out.

Gageons que les pouvoirs publics prendront conscience des possibles conséquences d'une société du travail hyper violente, et cesseront de considérer le bien-être comme une philosophie de bisounours.

Je souhaite une belle vie pleine d'espoir à tous.

Jérôme RODRIGUEZ23/05/2017 - 09h20

Pourquoi vouloir créer à tout prix le terme "Burn out" ? A un moment, un agent, un salarié, a des symptômes qu'il décrit dans un contexte donné (vie privée/vie professionnelle). On fait les choses à l'envers on est en train d'essayer de comprendre ce qu'est un Burn-out (terme qui à priori reste mystérieux et non adéquat) alors que le salarié décrit bien son ressenti, nous avons des Psychiatres compétents pourquoi rallonger le CIM-10 (ou le CIM-11 à venir ?). Comme dans tout contexte dit pathologique, il y a une limite dans la résistance psychique, c'est celle-là qui pose difficulté à jauger. C'est cette échelle qu'il faut tenter de mesurer, ce serait dommage de penser qu'un Burn-out (je n'aime pas ce terme, vous l'aurez compris, non pas qu'il soit anglophone peu m'importe) n'est qu'une affaire d'emploi, il y a aussi la vie privée + la résistance personnelle (certaines situations de travail ne sont pas ressenties de la même manière par chaque personne selon leur éducation, vécu, investissement personnel culturel, notion de la réussite/échec etc...).

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Burn out, quand feront-ils enfin quelque chose ?

JEAN-PIERRE OLIÉ, PSYCHIATRE, MEMBRE DE L'ACADÉMIE DE MÉDECINE

"Il faut impérativement que les ministères encouragent la recherche médicale sur le burn out"


Publié le 26/06/17 - HOSPIMEDIA

Pr Jean-Pierre Olié

Développer la recherche médicale sur le burn out est un préalable essentiel à sa meilleure reconnaissance, selon le Pr Jean-Pierre Olié, psychiatre au service hospitalo-universitaire du CH Sainte-Anne à Paris. Dans un entretien accordé à Hospimedia, il appelle les ministères de la Santé et de la Recherche à promouvoir des travaux en ce sens.

 

Hospimedia : "Depuis la publication début 2016 du rapport que vous avez co-écrit avec le Dr Patrick Légeron pour l'Académie nationale de médecine, plusieurs travaux institutionnels ont été conduits sur le burn out, dont, en mai dernier, des recommandations de la Haute Autorité de santé (HAS). Les choses évoluent-elles dans le bon sens ?

Jean-Pierre Olié : Effectivement, il y a eu un rapport parlementaire sur la question en début d'année et il y a notamment, plus récemment, les recommandations de la HAS qui vont dans la bonne direction. Au sein du groupe de travail mis en place à l'académie, nous avions conclu qu'en l'état actuel le burn out n'a pas rang de diagnostic médical, pour plusieurs raisons. En premier lieu parce qu'il n'y a pas une expérience clinique qui a permis d'élaborer de manière suffisamment validée une critériologie. Les classifications internationales des maladies ne reconnaissent pas, pour l'instant, cette entité. Mais, pour autant, il y a une réalité connue depuis longtemps, notamment le problème de la dépression d'épuisement et d'autre part les classifications admettent qu'il y a des troubles et des souffrances qui sont reliées aux conditions de travail. Il faut donc absolument avancer dans la définition et le tracé des limites de ce qu'on appelle burn out. C'est-à-dire, ce qui en définit la symptomatologie, les déterminants, les probabilités évolutives et les thérapeutiques efficaces. Notre alerte a consisté à dire "attention, n'utilisons pas imprudemment des médicaments psychotropes qui n'ont pas fait la preuve de leur efficacité pour de telles souffrances". Il me semble que les travaux de la HAS ont tenu compte de cette réalité et de ses limites. 

H. : Comment arriver justement à cette meilleure définition médicale du burn out ? Vous déploriez dans le rapport de l'académie que l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) ne se soit pas saisi de cette question...

J.-P. O. : Ce que dit la science aujourd'hui, c'est que tout comme il existe des concomittants biologiques de l'épisode dépressif, il y a probablement des concomittants biologiques des situations de souffrance et d'épuisement professionnels. Mais cela reste extrêmement parcellaire, pour ne pas dire parfois un peu contradictoire. Il faut donc qu'il y ait des programmes de recherche qui soient encouragés dans ce domaine : qu'est-ce qui est dérégulé au moment où la personne éprouve une telle situation de fatigue, d'épuisement ? Qu'est-ce qui explique les modifications caractérielles, comportementales, qui n'auraient par exemple pas l'intensité pour définir une dépression ? Mais nous n'avons pas écarté l'hypothèse qu'il s'agisse tout simplement de dépressions d'épuisement pour un grand nombre de ces cas. Pour ce qui est de la reconnaissance médicale, c'est à la recherche de progresser. Se pose ensuite sur ces bases la question de la reconnaissance comme maladie professionnelle.
"Or nous n'avons pas d'enquête épidémiologique véritable. Il faut pourtant, à partir de cette épidémiologie, travailler sur les items cliniques et des indices paracliniques."

H. : Avez-vous bon espoir que cette recherche soit encouragée avec la nouvelle équipe gouvernementale ?

J.-P. O. : Il faut que les ministères de la Recherche et de la Santé promeuvent délibérément un appel d'offres sur les actions de recherche dans le domaine du burn out. Le développement de cette recherche est un préalable essentiel à une meilleure reconnaissance. Il faut "déblayer le terrain" auparavant, si je puis dire. J'appelle de mes voeux en effet la nouvelle ministre, Agnès Buzyn, qui indique mettre la priorité sur la prévention, à se saisir de cette question de santé publique. J'observe tout de même qu'à la suite de notre rapport à l'académie, le ministère de la Santé, [alors dirigé par Marisol Touraine] a réagi, en demandant un certain nombre de travaux. C'est un premier point très positif. Et il faut que les ministères poursuivent impérativement cette lancée, y compris en incitant à la mise en place d'actions afin de délimiter la problématique. Que ce soit par des programmes hospitaliers de recherche clinique fléchés ou par des actions au niveau des instituts. Ce qui ne veut pas nécessairement dire des crédits supplémentaires mais donner en tous cas priorité à cet aspect de le recherche sur d'autres. Jusque-là, il n'y avait pratiquement que le ministère du Travail qui s'était véritablement penché sur le problème... Or nous n'avons pas d'enquête épidémiologique véritable. Il faut pourtant, à partir de cette épidémiologie, travailler sur les items cliniques et des indices paracliniques. Par exemple sur la question du stress, travailler sur le dysfonctionnement des hormones du stress. Les quelques travaux qu'il y a eu à l'étranger, à ma connaissance, ne permettent pas d'éclaircir les choses. 

H. : Plus spécifiquement, on parle de plus en plus de la souffrance au travail des professionnels de santé. La ministre a d'ailleurs récemment reçu des représentants des jeunes médecins qui alertent sur la dégradation de la santé mentale de ces derniers...

J.-P. O. : C'est un domaine qui préoccupe légitimement les universitaires, les enseignants, le Conseil de l'ordre... J'ambitionne de poursuivre le type de réflexions que nous avons menées à l'académie avec ce rapport sur le burn out, par la mise en place d'un groupe de travail, j'espère à la rentrée, sur la santé des professionnels de santé. Ce travail, si mon souhait se concrétise, pourrait associer les différents ordres, également ceux des professionnels paramédicaux, car les médecins ne sont pas naturellement pas les seuls concernés dans le monde de la santé."
Propos recueillis par Caroline Cordier

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25 mars 2017

Message de la FOF

En effet la situation nécessite que la mobilisation continue.

Et la FOF appelle à la grève et à se rassembler au MASS pour le lundi 27 mars, ainsi qu'aux diverses actions et mobilisations en région .

Résumé de la situation :

Jeudi 16 mars 2017, lors du Conseil Supérieur de la FPH, les Organisations Syndicales, représentatives des salariés, ont rejeté à l'unanimité le projet de décret qui reclassait les orthophonistes avec les rééducateurs sans proposer une grille salariale spécifique tenant compte de notre niveau de qualification (Bac+5), de compétences et d'autonomie. 

Le ministère et la DGOS avaient alors  30 jours maximum pour réunir un CSFPH extraordinaire, et proposer un nouveau projet acceptable par la profession. 
Ce prochain CSFPH est fixé au lundi 27 mars, et  le projet de décret sera probablement  proposé presque à l’identique. De plus, les bornages indiciaires des grilles ne sont pas communiqués.
Des Assemblées Générales intersyndicales vont se tenir dans de nombreuses régions.
Donner libre cours à toute initiative rappelant à nos élus et au ministère nos demandes.

Nous soutiendrons l'action des étudiants et des professionnels qui feront un sitting devant le MASS.

Nous vous joignons :

- Les préavis de grève ( CGT, FO ) pour le lundi 27 mars.

- Des envois de courriers à vos élus sont toujours possibles et utiles. Ci-joint des modèles de lettres pour les députés, sénateurs et maires . 

et  la liste d'élus  ayant répondu; si vous avez connaissance d'autres élus ayant répondu à nos courriers merci de nous les faire connaitre.

- Nous avons également actualisé les cartes dont le texte peut directement être envoyé aux adresse suivantes :

Pour la présidence de la république :

 ou envoyer un courrier par la poste :

Monsieur le Président de la République

55 Rue du Faubourg Saint-Honoré

75008 PARIS

Pour le premier ministre​

http://www.gouvernement.fr/contact/ecrire-au-premier-ministre

Monsieur le Premier Ministre

57 rue de Varenne

75007 PARIS

​Pour le ministère de la santé

14 avenue Duquesne 75007 Paris 7ème 

- le CDP intersyndical du 23 mars.

Le bureau 

La commission exercice salarié .

FOF

Fédération des Orthophonistes de France

16 Rue des Champs de Charolles

71120 Charolles

Tél : 03 88 35 90 52

Site : http://www.fof.asso.fr/

Mail fof.federation@gmail.com

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Toujours pas de reconnaissance équitable...

Hospimedia

RESSOURCES HUMAINES

La DGOS campe sur son bac+3 pour les orthophonistes et masseurs-kinésithérapeutes hospitaliers


Publié le 24/03/17 - 17h42 - HOSPIMEDIA

Ce 27 mars se tient le dernier Conseil supérieur de la FPH du quinquennat. Malgré l'opposition unanime des syndicats, la DGOS va présenter une version inchangée de son projet de reclassement en catégorie A des orthophonistes et masseurs-kinésithérapeutes. Elle mise sur sa prime d'engagement pour les convaincre d'embrasser une carrière hospitalière.

S'ils sont parvenus durant ce quinquennat à convaincre le ministère des Affaires sociales et de la Santé du bien-fondé de leur octroyer le grade de master, et donc un niveau d'études à bac+5, les orthophonistes et masseurs-kinésithérapeutes hospitaliers (1) devront irrémédiablement se contenter d'un niveau de salaire à bac+3. Telle est en effet la teneur des projets de textes présentés le 16 mars dernier au Conseil supérieur de la fonction publique hospitalière et qui le seront à nouveau ce 27 mars pour la dernière séance du conseil supérieur de ce quinquennat. Et malgré le rejet unanime des organisations syndicales mi-mars, la DGOS s'apprête à revenir devant elles avec des projets de textes — dont Hospimedia a obtenu copie (à télécharger ci-dessous) — en tout point identiques.

Un "nivellement par le bas", un "anéantissement"

Le front commun mené depuis plusieurs mois par les acteurs de la rééducation, enrichi dernièrement par l'appui de plusieurs médecins et hospitalo-universitaires (lire ici et  nos articles), n'a donc pas fait plier le Gouvernement. Au risque de faire disparaître ces métiers de l'hôpital : les postes d'orthophonistes et de masseurs-kinésithérapeutes publics ont ainsi fondu de plus de 10% en seulement cinq ans. Un "nivellement par le bas" qui s'apparente à un véritable "anéantissement" pour le syndicat de masseurs-kinésithérapeutes Alizé. Or "les rééducateurs représentent 2% des personnels non médicaux et sages-femmes mais ils sont indispensables au sein des services, insiste pour sa part la CGT, pour soigner, rééduquer, prévenir, informer, former en lien avec l'équipe soignante." Quant aux représentants de l'orthophonie, ils voient dans ce "projet inique de reclassement" un "déni de démocratie". Et si la DGOS assure que sa prime d'engagement saura attirer les plus jeunes à l'hôpital (lire l'encadré), la profession estime bien au contraire qu'elle ne sera d'aucun effet sur les effectifs. Pour tenter une dernière fois d'infléchir la position des pouvoirs publics, les professionnels de santé sont appelés à battre le pavé ce 27 mars sous les fenêtres de la ministre Marisol Touraine. Mais il semble bien que seul le vainqueur du prochain scrutin présidentiel puisse désormais venir contrecarrer la donne et accorder ce bac+5 salarial tant attendu.

Un reclassement indiciaire effectif début 2018

Mais que dit ce projet de décret ? En soi, il insère "de nouvelles dispositions dans le décret "coquille" qui avait été pris pour le corps des ergothérapeutes, au profit des corps des masseurs-kinésithérapeutes, pédicures-podologues, psychomotriciens, orthophonistes et orthoptistes, afin de les intégrer en catégorie A", expose la DGOS. Le texte évoque ainsi les dispositions relatives aux modalités de recrutement, de nomination et de classement dans les nouveaux statuts des cinq corps précités en sachant que seuls les orthophonistes et masseurs-kinésithérapeutes affichent un diplôme à bac+5 (les trois autres sont à bac+3). Il détaille aussi les dispositions relatives à la constitution initiale de leur bascule en catégorie A par l'intégration automatique des personnels des précédents corps de catégorie B, lesquels sont de facto mis en voie d'extinction (2). Toutefois, cette intégration automatique peut être contrecarrée : certains professionnels de santé peuvent en effet décider de demeurer dans leur corps d'origine, donc en catégorie B, et user ainsi de leur droit d'option individuel. Au contraire de ceux désirant basculer en catégorie A ou des agents ne pouvant prétendre à ce droit d'option, ils conservent le bénéfice d'un départ en retraite anticipée mais ne pourront prétendre à un gain indiciaire. Quant aux nouvelles grilles indiciaires des cinq corps basculés en catégorie A, il faudra attendre le 1er janvier 2018 pour que s'opère ce reclassement.

Un seul poste par corps éligible à la prime triennale par GHT

Ce 27 mars, la DGOS présente également pour la seconde fois en dix jours son projet de décret et l'arrêté associé créant une prime d'engagement pour certains orthophonistes et masseurs-kinésithérapeutes hospitaliers, histoire de les convaincre de venir à l'hôpital (à télécharger ci-dessous). Ceux-ci doivent s'engager par écrit à exercer à temps plein pendant trois ans consécutifs après leur titularisation dans des établissements publics de santé ou médico-sociaux situés dans un territoire présentant "un risque significatif de fragilisation de l'offre de soins". Le bénéfice de cette prime de 9 000 euros est réservé aux agents nouvellement recrutés dans leur corps, ainsi qu'aux contractuels mis en stage sur un poste à recrutement prioritaire. La liste des postes certifiés prioritaires sera arrêtée pour trois ans et révisable annuellement par l'ARS sur proposition du directeur de l'établissement support du groupement hospitalier de territoire (GHT) concerné. Mais pour chacun des deux corps concernés, un seul poste pourra être déclaré prioritaire par GHT. Quant au versement de la prime, il est prévu en trois temps : en début de stage sous réserve de titularisation ; à la fin de la première année d'engagement ; puis de la deuxième.
Thomas Quéguiner

(1) Le cursus des orthophonistes est reconnu au grade de master depuis la rentrée universitaire 2013-2014. Les masseurs-kinésithérapeutes y accèderont quant à eux à compter de la prochaine rentrée 2017-2018.

(2) En catégorie B, il ne demeurera donc comme personnels de rééducation hospitaliers qu'un seul corps, celui des diététiciens (diplôme bac+2).

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26 février 2017

L'orthophonie

Entre langue et parole2   Entre langue et parole

 

Entre langue et parole, le métier d'orthophoniste

Isabelle ALICatherine WOLF

Avec la participation de Arielle ANCELClaire CHARMETANTNadine JAFFREDOAnne LAINEMichel LUCON

Dans le cabinet de l’orthophoniste, Léa entre, inquiète, parce qu’elle n’arrive pas à lire en fin de CP, monsieur R. consulte car il ne trouve plus les mots ni ses clefs, Thomas a 3 ans mais il ne parle pas, madame V. vient de quitter l’hôpital et elle ne parle plus, Simon bégaie au collège et à table, Nathan ne veut pas articuler le « je »…

Où est le lien entre toutes ces histoires, ces symptômes différents ? Qu’ont-ils en commun pour pousser la porte de l’orthophoniste ? Que peut proposer l’orthophoniste ?

Des orthophonistes présentent leur métier, sa formation initiale, ses modes d’exercice, sa pratique mais aussi leur propre conception de leur fonction, leurs choix professionnels et les références qui les sous-tendent, les théories du langage auxquelles ils souscrivent et les pratiques qui en découlent.

Si l’orthophoniste connaît le langage et ses sciences, il ne sait rien du patient qui s’adresse à lui avec son symptôme. Chaque rencontre est originale, l’orthophoniste est à l’écoute de tout ce qui parle sans forcément se dire. Il se laisse surprendre par un coup d'œil, une mimique, un geste, une réflexion qui pourrait sembler anodine ou décalée. C'est donc du patient, de sa manière d'aborder son symptôme et des possibilités de s’en défaire dont il va être question tout au long de cet ouvrage.

 

Résumé

Des orthophonistes présentent leur métier : sa formation initiale, ses modes d’exercice, sa pratique. Ils développent ce qui conduit à consulter en orthophonie, ce qui s’y passe et pourquoi ; mais aussi ce sur quoi ils agissent et comment.

Après la présentation des fondamentaux de l’orthophonie (sa formation initiale, ses modes d’exercice, les patients qui font appel aux orthophonistes), les auteurs développent leur propre conception du métier, leurs choix professionnels et les références qui les sous-tendent, les théories du langage auxquelles ils souscrivent et les pratiques qui en découlent.

A propos des auteurs 

Isabelle Ali est orthophoniste, impliquée à la Fédération des orthophonistes de France (FOF). Elle exerce en libéral à Coulaines (72) depuis 2000 et est formée à la PRL (pédagogie relationnelle du langage) et aux techniques des associations.

Catherine Wolf est orthophoniste, impliquée à la Fédération des orthophonistes de France (FOF). Elle exerce en libéral à La Ménitré (49) depuis 1979 et a participé à la dernière refonte des études. Elle est formée à la PRL (pédagogie relationnelle du langage) et aux techniques des associations.

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22 janvier 2017

Orthophonistes hospitaliers (salaire)

Article publié cette semaine dans HOSPIMEDIA, site d'informations pour la santé mais accessible par abonnement donc malheureusement limité. Diffusé avec l'autorisation de l'auteur.

367 médecins alertent Marisol Touraine sur l'état de déliquescence de l'orthophonie à l'hôpital


Publié le 18/01/17 - 12h25 - HOSPIMEDIA

Au sein de la fonction publique hospitalière, la situation des orthophonistes est toujours aussi préoccupante. Dans un dialogue de sourds avec le ministère, ils ne cessent depuis de longs mois de réclamer une pleine reconnaissance salariale de leur bac +5 : 62 PU-PH et 305 autres médecins viennent de leur apporter ouvertement leur soutien.

 

Dans un manifeste adressé début janvier à la ministre des Affaires sociales et de la Santé (à télécharger), quelque 500 professionnels de santé dont 305 médecins de toutes spécialités et 62 professeurs des universités-praticiens hospitaliers (PU-PH) font pression sur Marisol Touraine pour qu'elle daigne enfin appuyer les recommandations des orthophonistes hospitaliers. Et ceci alors que les discussions salariales avec la DGOS sont dans l'impasse depuis de longs mois (Orthologo : essentiellement bloqué par un syndicat non représentatif mais ayant infiltré les OS représentatives, cf. les articles précédents et le fait que la réforme des études n'aient pas permis de créer une spécialisation qui aurait permis de créer un nouveau corps de professionnels) déploraient à nouveau de concert le 5 janvier l'intersyndicale* des orthophonistes et masseurs-kinésithérapeutes hospitaliers dans un communiqué. Selon ses membres, les nouvelles grilles salariales proposées pour cette filière de rééducation "ne permettront en aucun cas de résoudre les problèmes d'attractivité". Et de pointer à nouveau : des salaires proches du salaire minimum interprofessionnel de croissance (Smic) malgré un cursus à bac +5 (depuis la rentrée 2013-2014 pour les orthophonistes, celle à venir 2017-2018 pour les masseurs-kinésithérapeutes) ; une véritable "épidémie" d'hospitaliers ; des difficultés à assumer toutes les missions de soin ; et l'"incapacité à encadrer et former les futurs professionnels dans de bonnes conditions". "Dans les conditions de rémunération actuelles, les orthophonistes ne peuvent plus travailler à l'hôpital, abondent les signataires du manifeste (lire notre article) (Orthologo : article de quelqu'un qui représente les libéraux et n'a aucune légitimité pour les exercices libéraux et salariés). Les chefs de services hospitaliers ne parviennent plus à recruter. Les postes disparaissent." (Orthologo "Ceci n'est pas nouveau, en 2006, quand j'ai quitté mon poste précédent devant l'impossibilité de recruter, le poste a été transformé en poste de psychologue clinicien". Il faut dire que la FNO dont le discours était et est très présent dans la plupart des écoles n'a jamais eu un discours valorisant l'exercice hospitalier et salarié, il nous était clairement déconseillé d'aller exercer à l'hôpital. Rappel à l'hôpital ce ne sont pas les médecins qui recrutent les paramédicaux mais les Directions des Soins.)

 

Un travail pluridisciplinaire "appauvri"

Dans leur cri d'alerte à la ministre, doublée d'une tribune (Attention le lien sur Hospimedia était celui de la CGT, voici le lien du Monde ICI) dans Le Monde ayant pour titre Quand l'orthophonie quitte l'hôpital, ils listent cinq conséquences extrêmement néfastes pour la qualité des soins. C'est d'une part un travail pluridisciplinaire qui ressort "appauvri" par l'absence de diagnostic et de rééducation orthophoniques dans de nombreuses équipes hospitalières. Et de recenser les centres de référence des troubles du langage et des apprentissages, les centres ressources autisme, les centres médico-psychologiques, les unités neurovasculaires, les centres mémoire de ressources et de recherche, les centres d'action médico-sociale précoce, etc. D'autre part, "la cohérence et la continuité du projet thérapeutique des patients sont mises en péril par la rupture du réseau ville-hôpital, alors même que les cabinets libéraux sont déjà asphyxiés par des listes d'attente surchargées". Or, rappellent dans un troisième temps les signataires, "certains patients présentant une pathologie lourde ont besoin d'une prise en charge spécifique et/ou pluridisciplinaire qui ne peut plus être assurée par les orthophonistes hospitaliers". Quatrième élément d'inquiétude : le fait que les étudiants en orthophonie ne parviennent plus à trouver des terrains de stage dans les domaines d'expertise présents à l'hôpital. Enfin, le turn-over des orthophonistes devient "incessant", ce qui "ne leur permet ni d'acquérir ni de transmettre l'expertise clinique nécessaire à l'exercice de leur fonction auprès des patients".

 

Une fin de non-recevoir aux orthophonistes du Centre-Val de Loire (Ceci est porté par la CGT)

Ce 18 janvier dans un communiqué, les étudiants et orthophonistes de la région Centre-Val de Loire indiquent n'avoir reçu aucune réponse de la part de Marisol Touraine à leur demande de rendez-vous sollicitée sept jours plus tôt. Ce sont ces mêmes professionnels qui sont à l'initiative du manifeste et de la tribune précités, au retentissement désormais national. Et de dénoncer le "mépris" affiché à leur encontre et les "nombreux délits de fuite" constatés lors des déplacements publics en région pour une ministre, rappellent-ils en guise d'avertissement, pourtant en Centre-Val de Loire dans son fief électoral.

Thomas Quéguiner

Ecrire à l'auteur

* Ufmict-CGT, FO santé sociaux, Sud santé sociaux, Unsa santé sociaux, CFE-CGC santé social, CFDT santé sociaux, CFTC santé sociaux, Fédération nationale des orthophonistes (FNO), syndicat des kinésithérapeutes Alize, Fédération des orthophonistes de France (Fof), Fédération française des masseurs-kinésithérapeutes rééducateurs (FFMKR), Union nationale des syndicats de masseurs-kinésithérapeutes libéraux (UNSMKL), Union nationale des masseurs-kinésithérapeutes aveugles et malvoyants (Unakam), Union nationale pour le développement de la recherche et de l'évaluation en orthophonie (Unadreo), Collège français d'orthophonie (CFO), Collège national de la kinésithérapie salariée (CNKS), Fédération nationale des étudiants en orthophonie (Fneo) et Fédération nationale des étudiants en kinésithérapie (Fnek).

Liens et documents associés

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Vos réactions (3)

 

Bruno SARRODET (Ajout pour savoir d'où parle cette personne, représentant de FNO, syndicat d’orthophonistes libéraux, non représentatif pour les salariés et les hospitaliers)

21/01/2017 - 11h24

Ce manifeste est le résultat du travail continu de l'intersyndicale des orthophonistes, regroupant toutes les organisations représentatives des étudiants, des libéraux, l'écrasante majorité des salariés, et des chercheurs, depuis 2009. 
(C'est la même intersyndicale qui refuse aussi unanimement un Ordre)

Cette intersyndicale a permis la réussite du master pour tous les orthophonistes, seul moyen pour que tous les patients bénéficient de toutes les compétences des orthophonistes dans tous les territoires, qu'ils soient proches ou pas d'un établissement hospitalier.

L'exercice hospitalier et l'exercice libéral sont complémentaires, aucun ne doit remplacer l'autre. L'intersyndicale dénonce le salariat déguisé de libéraux par de nombreux établissements, il faut des orthophonistes salariés, et donc des salaires justes. 
Enfin aujourd'hui la majorité des orthophonistes hospitaliers exercent en "mixte", la porosité entre tous les types d'exercices constitue une force pour l'unité de la profession.

Estelle PRUVOT

20/01/2017 - 00h42

Les propos de JP VIDAL sont la réalité.

L'expertise des orthophonistes hospitaliers n'est pas reconnue et ne l'a pas été par la réforme des études. Il aurait été cohérent de mettre en place une formation en 5 ans avec une année de spécialisation pour ceux qui avaient le désir de travailler au sein d'équipes interdisciplinaires et cela aurait permis la création d'un corps d'orthophonistes praticiens. Ce nouveau corps aurait pu avoir plus aisément une reconnaissance salariale à la hauteur des compétences des orthophonistes hospitaliers. 

Mais les orthophonistes libéraux se sont opposés à cette réelle reconnaissance et maintenant les orthophonistes hospitaliers, les équipes interdisciplinaires et les patients en paient le prix. 

Et l'engraissement des libéraux est une évidence et cela au détriment d'un soin adapté et coordonné au sein d'une équipe pluri et interdisciplinaire.

Jean Pierre VIDAL

19/01/2017 - 11h59

Et à côté de cela, la CNAM décide unilatéralement avec ses CPAM que les hôpitaux sous DAF (psychiatriques essentiellement) devront payer les honoraires des orthophonistes libéraux pour des enfants suivis en CMP, même lorsque les prescriptions d'orthophonie sont faites par des médecins libéraux et bien que les hôpitaux n'ont ni les financements pour cela ni ne disposent d'orthophonistes salariés. Ce type de soins est géré de manière aberrante par notre système de santé, au détriment des prises en charge de patients et avec une grande injustice par le manque de reconnaissance des compétences d'orthophoniste (comme de kiné, d'ailleurs) qui rendent effectivement pour ces professions les carrières hospitalières non attractives, voire, pour les orthophonistes, la profession tout court avec en amont une formation malthusienne. Ces incohérences sont de fait un bon moyen "d'engraisser" les libéraux, comme en témoigne le nombre d'orthophonistes et de kinés qui s'installent en ville et, pour les kinés, qui ne se déplacent même plus aux domiciles des patients.

 

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23 décembre 2016

De qui se moque la FNO ?

Petit Papa Noël pourrais-tu apporter quelques cellules grises à ces gens qui font partie d'un syndicat qui se définit comme seul représentatif.

En effet, comme nous l'avons déjà écrit et dit ici ou ailleurs, la FNO n'a AUCUNE REPRESENTAVITE pour défendre les orthophonistes de la Fonction Publique et des salariés qui sont représentés UNIQUEMENT par les réprésentants du personnel élu et donc les grandes centrales syndicales. 

 

Depuis 2010, la FNO, par sa désinformation, par sa manière de tenter d'infiltrer les centrales syndicales (en voulant y imposer des gens qui ne sont pas là pour défendre leur corps mais simplement tenter de satisfaire l'ego démesuré de quelques orthophonistes libéraux de la FNO) bloque les reclassements des orthophonistes hospitaliers. 

Donc depuis 2010, la revalorisation des orthophonistes hospitaliers et par ricochet des orthophonistes salariés est bloquée par la FNO. 

Le refus d'une réingénierie mettant enfin en avant les compétences particulières des orthophonistes non libéraux avec la création d'une 5ème année de spécialisation. Cette réforme aurait logiquement engendré la création d'un nouveau statut au sein de la fonction publique hospitalière, celui d'orthophoniste praticien qui nous aurait permis d'obtenir le même statut que les sages-femmes entre autre.

Mais que nenni, ces personnages aux egos démesurés ont préféré retarder l'avancée et la reconnaissance des orthophonsites de la fonction publique et salariés pour obtenir une formation de 4 années diluées sur 5 années donc n'amenant aucun plus.

Maintenant depuis 2013, la FNO par ses magouilles continue à bloquer notre passage en catégorie A... Au début, ces personnages refusaient que des êtres supérieurs comme eux puissent avoir le même statut que les autres rééducateurs de la FPH qui eux sont au mieux reconnus Bac+3 pour 3 années d'étude (sauf les kinés). 

Lors des dernières propositions gouvernementales qui cette fois proposaient une réelle reconnaissance puisqu'enfin notre salaire passait à terme au dessus des IADE (Infirmiers de 4ème grade) ce qui correspond à notre statut de rééducateur... Bien sur la FNO a encore fait jouer ces pseudos représentants totalement incompétents pour oser refuser une telle avancée...

Le pompon est que la FNO ose critiquer le fait que les orthophonistes, les kinés et psychomots obtiennent une reconnaissance salariale supérieure aux autres rééducateurs.... Nous avons ici le chien qui se mord la queue dans toute sa splendeur...

Et pendant ce temps, nous, orthophonistes hospitaliers, nous avons toujours un salaire inférieur aux IDE, aux ergothérapeutes... qui eux sont passés en catégorie A et bénéficient des grades 1 et 2... Pour les IDE cela va faire 7 ans !!!!

 

Grille diffusée par la FNO et reprise dans le N°127 d'OrthoMagazine de nov & déc 2016.

Salaire-Orthomag

 

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26 novembre 2016

Eclairage réglementaire sur la double PEC

Je vous partage, un commentaire qui a été déposé concernant la double PEC. 

Voici un éclairage réglementaire sur la problématique récurrente de la double prise en charge : 

Avant toute chose, il est important de se renseigner sur la catégorie juridique de l'établissement afin de déterminer si celui-ci relève du champ médico-social ou du champ sanitaire. 

I - Champ médico-social 

Les établissements relevant du champ médico-social et financés par l’assurance maladie, ont vocation à prendre en charge, dans le cadre du budget qui leur est alloué, l’ensemble des soins des personnes accueillies (ou accompagnées) correspondant à leurs missions (R.314-26 CASF). 

Ainsi, dans le cas général, aucune « double prise en charge financière » pour des soins relevant des missions de la structure n’est donc possible (pas de remboursement en sus des soins inclus dans le périmètre tarifaire). Néanmoins, des prises en charges financières dérogatoires sont prévues par l’article R.314-122 du CASF. 

« I - Les soins complémentaires, délivrés à titre individuel par un médecin, un auxiliaire médical, un centre de santé, un établissement de santé ou un autre établissement ou service médico-social, sont pris en charge par les organismes d'assurance maladie obligatoire dans les conditions de droit commun, en sus du tarif versé à l'établissement ou au service : 

1° Soit lorsque leur objet ne correspond pas aux missions de l'établissement ou du service ; 

2° Soit, par dérogation aux dispositions du 2° de l'article R. 314-26, lorsque, bien que ressortissant aux missions de l'établissement ou du service, ces soins ne peuvent, en raison de leur intensité ou de leur technicité, être assurés par l'établissement ou le service de façon suffisamment complète ou suffisamment régulière. Dans ce cas, ces soins doivent faire l'objet d'une prescription par un médecin attaché à l'établissement ou au service. 

II. - Lorsque les soins complémentaires mentionnés au I sont liés au handicap ayant motivé l'admission dans l'établissement ou le service, leur remboursement est subordonné à l'accord préalable du service du contrôle médical, dans les conditions prévues à l'article L. 315-2 du code de la sécurité sociale. 

Les préconisations de la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées, lorsqu'elles existent, sont jointes à la demande d'entente préalable ». 

Des soins complémentaires peuvent être prescrits par le médecin attaché à l’ESMS : 

- dans les établissements relevant du 2° de l’article L.312-1 CASF à savoir l’ensemble les établissements et services d'enseignement qui assurent, à titre principal, une éducation adaptée et un accompagnement social ou médico-social aux mineurs ou jeunes adultes handicapés ou présentant des difficultés d'adaptation (IME, ITEP, SESSAD, CMPP) ; 

- dans les CAMSP (R.314-124 CASF) ; 

- dans les établissements et services relevant du 7° de l’article L.312-1 CASF (l’application de l’article R.314-122 est étendue aux adultes : R.314-147 CASF) à savoir les SAMSAH, FAM et MAS. 

Les soins relevant du I 2° du R. 314-122 doivent faire l'objet d'une prescription du médecin de l'établissement accompagnée d'un courrier à l'attention du médecin conseil. 

La prescription doit décrire de manière précise les éléments médicaux motivant la prise en charge exceptionnelle par l'Assurance Maladie. Ainsi, des arguments liés aux contraintes organisationnelles (difficultés de recrutement) ne sont pas suffisantes. 

Lorsque les soins ne correspondent pas aux missions de l’établissement, c’est le droit commun qui s’applique et les DAP ne concernent que les actes ou demandes d’ALD. 

Le financement des établissements et services médico-sociaux est assuré par l'assurance maladie via un prix de journée, un prix de journée globalisé, une dotation globale ou un forfait global de soins. 

Ce financement comprend l'intégralité des prestations nécessaires à la prise en charge du bénéficiaire relevant des missions de l'établissement. 

Les soins complémentaires sont remboursés en sus, sur le risque maladie (risque individuel) dans les conditions de droit commun (taux de prise en charge, inscription à la NGAP…). 

En cas d’accord du service médical à la demande d’accord préalable, l’ensemble des soins sont remboursés en sus. Ils font l’objet d’une feuille de soins électronique (transmission électronique) ou feuille de soins papier adressée par le professionnel de santé à la caisse d’affiliation de l’assuré. 

A noter : un orthophoniste qui intervient en EHPAD devra se renseigner sur l’option tarifaire (partielle ou globale) de l’établissement. En option globale, les soins d’orthophonie relèvent du budget de l’établissement alors qu’en option partielle, ils sont remboursables à l’assuré dans les conditions de droit commun. 


II – Champ sanitaire (sectorisation psychiatrique CMP et CPEA) 

Les centres médico-psychologiques relèvent du champ sanitaire (et non médico-social). Leurs fonctions ont été définies dans l’article 1er de l’arrêté du 14 mars 1986 relatif aux équipements et services de lutte contre les maladies mentales, comportant ou non des possibilités d'hébergement. 

Ils sont définis comme des unités de coordination et d'accueil en milieu ouvert, organisant des actions de prévention, de diagnostic, de soins ambulatoires et d'interventions à domicile, mises à la disposition d'une population. Ils peuvent comporter des antennes auprès de toute institution ou établissement nécessitant des prestations psychiatriques ou de soutien psychologique. Par ailleurs, la circulaire du 14 mars 1990 relative aux orientations de la politique de santé mentale précise les missions des centres médico-psychologiques (CMP). 

Les CMP sont des unités de premier recours délivrant des consultations. Ils sont rattachés à un établissement de santé relevant du secteur psychiatrique. Aussi, en application de l'article L. 162-26 du code de la sécurité sociale, leur financement s'effectue par le versement d'une dotation annuelle de financement (DAF) couvrant l'organisation et la prise en charge des consultations et actes externes. 

Le CMP accueille toutes les demandes de soins, effectue un travail de diagnostic et d'évaluation, si nécessaire assure des prises en charge thérapeutiques, la coordination avec d'autres lieux de soins dans certaines situations complexes, et la coordination avec les autres systèmes locaux d'aide. Outre les consultations, il existe une gamme diversifiée d'actions thérapeutiques (individuelles ou groupales) mise en œuvre par une équipe pluri-professionnelle, sous la responsabilité d'un médecin psychiatre. 

Les soins délivrés au CMP sont principalement basés sur les aspects médicaux. Le CMP comprend des psychiatres, des infirmiers ou puéricultrices, un ou des psychologues, assistants sociaux, auxquels peuvent s'adjoindre un orthophoniste, un psychomotricien et / ou un éducateur spécialisé. 

Concernant plus spécifiquement la prestation d'orthophonie, les orthophonistes peuvent intervenir à titre salarié ou libéral pour des actions correspondant aux missions qui leur sont confiées dans le cadre de leur profil de poste. 

Une des missions du CMP étant la coordination des soins avec d'autres lieux de prise en charge, il convient pour le CMP, dès lors qu'il n'est pas en mesure de faire intervenir des orthophonistes hospitaliers, d'organiser avec les orthophonistes libéraux la prise en charge des patients concernés après s'être assuré que la direction de son établissement gestionnaire valide le recours à cette prestation et en assure la rémunération directement auprès des intervenants libéraux. 

Dans ce cadre, les séances ne sont pas à la charge de l'Assurance Maladie puisque déjà comprises dans la DAF (dotation annuelle de financement) perçue par l'établissement dont relève le CMP. 

Il faut cependant apprécier certaines situations au cas par cas. En effet, « les actions tendant à mettre en œuvre le projet territorial de santé mentale font l'objet d'un contrat territorial de santé mentale conclu entre l'agence régionale de santé et les acteurs du territoire participant à la mise en œuvre de ces actions » (art L.3221-2 CSP, V°). Aussi, suivant ces projets répondant à un besoin territorial, certaines dérogations ont pu être tolérées par les ARS. 

A titre d’exemple, un CMP qui aurait conclu avec l’ARS un accord ne permettant pas de prendre en charge financièrement une maladie intercurrente couteuse d’un de ses patients (type hémophilie) devra dans ce cas se rapprocher de l’ARS pour demander, à titre dérogatoire, un abondement de sa DAF afin de couvrir ces soins. 

A noter : la procédure des soins complémentaires prévue à l’article R 314-122 du code de l’action sociale et des familles concerne uniquement le champ médico-social et ne s’applique donc pas aux CMP qui relèvent du champ sanitaire. 

Cdt 

ACTUSECU

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