Orthophonie & Master ?
Dans ce post, je vous récapitule tous les articles portant sur le Master en Orthophonie et la réingénerie des études d'orthophonie, le passage en catégorie A des orthophonistes de la Fonction Publique Hospitalière...
Des informations argumentées et vérifiées.
Questions au gouvernement le 17 janvier 2012
C'est un beau désaveau... le 15 janvier 2012
Petit Jeu du VRAI ou FAUX... le 13 janvier 2012
Tu Voeux... ou tu voeux pas ! le 12 janvier 2012
C'est grave... docteur ? le 8 janvier 2012
Fous Rire merci à la FB's Ce Syndicat le 15 décembre 2011
Et encore un texte pathétique... long en plus...le 14 décembre 2011
Liberté de Paroles le 14 décembre 2011
Un nouveau produit au marché de la bêêtise...le 13 décembre 2011
Mail de X Bertrand et L Wauquier le 13 décembre 2011
Ce Syndicat... Têtes à claques... le 8 décembre 2011
Pitié... un miracle pour Ce Syndicat... le 8 décembre 2011
Master orthophonie... LA REALITE Le 7 décembre 2011
MERCI A Ce Syndicat !!!! le 7 décembre 2011
La position de Force Ouvrière le 6 décembre 2011
Orthophoniste… C’est un métier ? (Ateliers Claude Chassagny) le 4 décembre 2011
Mais pour qui se prend-elle ? le 4 décembre 2011
Petit moment de détente... le 1er décembre 2011
Désinformations et racolage...le 28 novembre 2011
Master etc... le 21 novembre 2011
Masters... complèments ...(CFDT) le 20 novembre 2011
Et encore un problème de compréhension des orthophonistes de Ce syndicat... ! le 16 novembre 2011
Master Orthophonie (la FOF) le 4 novembre 2011
Reconnaissance Master le 29 octobre 2011
Niveau master le 14 juin 2011
Accord de Bologne le 4 avril 2011
Niveau Master le 11 avril 2011
Et ils se disent représentatifs... le 15 février 2011
Orthophonistes hospitaliers le 8 avril 2011
Et encore un (pas trop mal) le 12 avril 2011
Et encore un article qui déclenche les foudres... Le 20 mars 2011
Eh oui... Enfin le 8 mars 2011
Exode de cerveau ! le 15 février 2011
Formations paramédicales le 22 décembre 2010
Revalorisation des Orthophonistes le 28 septembre 2010
Ce Syndicat et ses incohérences... le 22 mai 2010
Reclassement Catégorie A le 7 mars 2010
mise à jour le 21 janvier 2012
Le film "Le Mur" interdit par la justice
Publié le 26 janvier 2012 à 17h21
Le film controversé sur l'autisme "Le Mur", qui veut prouver "l'absurdité" de l'approche de cette maladie par la psychanalyse et vante au contraire des méthodes dites comportementalistes, a été interdit en l'état jeudi après une plainte de certains psychanalystes interrogés dans ce documentaire.Le tribunal de Lille a "constaté que les extraits d'interviews" des psychanalystes de renom "Esthela Solano-Suarez, Eric Laurent et Alexandre Stevens (...) portent atteinte à leur image et à leur réputation en ce que le sens de leur propos est dénaturé", affirme le jugement.
Les extraits de ces interviews qui figurent dans le film "doivent être supprimés", ajoute ce jugement, ce qui revient selon l'avocat de la documentariste Sophie Robert, Me Benoît Titran, à ce que "le film soit interdit en l'état". Car la décision, qui prend effet immédiat, aura pour conséquence que "Le Mur" doit être retiré d'internet --où il est présenté sur le site de l'association Autistes sans frontières notamment-- tant qu'il n'aura pas été remanié, et cela sous astreinte de 100 euros par jour de retard.
"A ce prix-là, n'importe quel documentaire monté peut être interdit. Le documentariste n'a plus le droit de porter un regard dans son montage", a commenté Me Titran, qui va faire appel.
Formation
L'ATLC organise des séminiaires de sensibilisation le 28 avril 2012.
Présentation ci-dessous.
C'est décidément mal toléré de penser...
Article dans Le Journal des psychologues
Un député dépose une proposition de loi visant à L’INTERDICTION DES PRATIQUES PSYCHANALYTIQUES dans la prise en charge des personnes autistes...
Il s’agit de Daniel FASQUELLE, député du Pas-de-Calais, président du groupe d’études parlementaire sur l’autisme « La psychanalyse ne figure dans aucune recommandation nationale ou internationale et la communauté scientifique internationale est unanime pour déconseiller l’utilisation, dans les guides de bonne pratique, des prises en charge d’inspiration psychanalytique. Elle a d’ailleurs été abandonnée depuis au moins 20 ans dans la plupart des pays occidentaux, que ce soit dans la définition des troubles autistiques ou dans leur prise en charge, et est depuis longtemps unanimement décriée par les associations de parents. J’ai donc estimé qu’il était de mon devoir de la faire interdire, sous toutes ses formes, dans le traitement de l’autisme, au profit de traitements opérants, les méthodes éducatives et comportementales en particulier. Cette décision est mûrement réfléchie : alerté à propos de la détresse des familles par le Collectif Autisme, j’ai fait procédé à l’audition par le groupe d’études parlementaire sur l’autisme (octobre 2011) de la Haute Autorité de Santé dans le cadre de sa consultation publique en vue des recommandations de bonne pratique « Autisme et troubles envahissants du développement : programmes et interventions chez l’enfant et l’adolescent ». Le bilan des 1ères Rencontres Parlementaires sur l’Autisme, organisées le jeudi 12 janvier 2012 avec le soutien précieux des associations membres du Collectif Autisme, a achevé de me convaincre, tant l’unanimité sur le sujet semblait régner parmi les diverses parties prenantes (chercheurs et professionnels de santé, représentants politiques, associations de familles,…) Parce que la situation en France en matière de prise en charge de l’autisme est encore, et malgré des efforts évidents du gouvernement pour aller de l’avant, sanitairement, socialement, économiquement et humainement inadmissible, l’année 2012, pendant laquelle l’Autisme s’est vu attribuer le label « Grande Cause Nationale » par le Premier Ministre, se doit d’être un tournant historique ! Cette proposition de loi se veut la première pierre de l’édifice ».
Soutien à Pierre Delion (suite)
Vous trouverez ci dessous la lettre réponse de Pierre Delion aux attaques dont il est victime.
Lettre_r_ponse_n_2__21_D_cembre_2011
Annuaire Médico-Social
En recherchant les coordonnées d'un CMPP, je suis arrivée sur ce portail fort intéressant où l'on trouve les institutions relevant du médico-social. Il suffit de cliquer sur l'image pour accéder au site.
Soutien à Pierre DELION
Je vous partage une lettre de soutien au Docteur Pierre DELION, psychiatre, psychanalyste, chef de service au CHRU de Lille et Professeur de médecine.
Pierre DELION est depuis quelques temps attaqué plus ou moins à titre personnel au travers de la pratique du Packing, une association a porté plainte auprès du Conseil de l'Ordre des médecins n'ayant pas été suivie dans le cadre de la justice.
Actuellement le packing fait l'objet d'une étude et l'indication de cette option thérapeutique est très encadrée.
Il me semble que ce n'est pas réellement l'option thérapeutique du packing qui soit attaquée mais plus une vision humaniste du soin qui s'inspire de la psychodynamique qui trouve elle-même ses origines dans la psychanalyse. En s'attaquant au Packing, à Pierre Delion, aux approches psychodynamiques, il me semble que l'on s'attaque tout simplement à ce qui fait la richesse de l'être humain, son individualité, sa potentialité à devenir un Sujet, un Etre pensant et autonome pour l'enfermer dans une normalisation inspirée d'une vision bien peu humaniste de l'Etre et de la Société. Les opposants à Pierre Delion et à ceux qui travaillent dans une optique proche sont pour la plupart des pourfendeurs des méthodes dites comportementales qui ont plus à voir avec le dressage tel que le décrivent les travaux de Pavlov
Le Professeur DELION n'est pas le seul médecin attaqué, il y a également David COHEN, chef de service à l'Hôpital de la Salpêtrière.
Le PACKING, ICI, source 
POUR LIRE D'AUTRES INFORMATIONS SUR LE SUJET : 
Monsieur le Président
Conseil Départemental de l’Ordre des médecins
2, rue de La Collégiale
59043 LILLE cedex
Pau, le 16 janvier 2012
Monsieur le Président,
Notre collègue, le Professeur Pierre Delion, est l’objet d’attaques personnelles et professionnelles difficiles à comprendre quand on prend le temps de connaître l’objet de ces attaques et quand on connaît l’homme.
Il doit comparaître devant votre Conseil de l’Ordre le 16 février prochain, ce qui montre une évolution inquiétante du droit dans le champ médical car, en droit, lorsqu’une plainte n’est pas fondée, elle est classée sans suite ou débouche sur un non-lieu.
On ne peut attendre de votre Conseil qu’une décision de ce type car ces charges visent à discréditer un programme de recherche scientifique, réglé et validé, concernant une pratique de soins, le packing, recherche dont l’objectif est de valider son utilisation dans la prise en charge de l’autisme infantile. Ce programme entre dans le cadre d’un Programmes Hospitaliers de Recherche Clinique National (PHRC), validé en 2008 (PHRC 2007/1918, n° Eudra CT : 2007-A01376-47) et financé par le ministère de la Santé dont le thème est « L’efficacité thérapeutique du packing sur les symptômes de troubles graves du comportement, notamment les automutilations, des enfants porteurs de TED/TSA ». Il est nécessaire de rappeler que les PHRC reçoivent obligatoirement un avis favorable du Comité de Protection des Personnes du CHRU à l’origine du projet de recherche pour être validés. Cet important travail, qui vise non pas à proposer un traitement de l’autisme, comme veulent le faire croire les contempteurs du Professeur Pierre Delion et de ses collaborateurs (Céline Lallié (psychologue PHRC) et Maud Ravary (psychomotricienne PHRC)), est rendu difficile en raison d’un certain nombre d’actions conduites par ses détracteurs pour en empêcher la réalisation. Les dernières actions sont une plainte contre le Professeur David Cohen, Chef du Service Psychiatrie Enfant et Adolescent de l’Hôpital de la Pitié Salpêtrière devant l’Ordre des Médecins de Paris le 16 janvier 2012 et, surtout, une plainte contre Pierre Delion, « véritable promoteur du Packing en France[1] » devant votre Conseil Départemental de l’ordre, ainsi qu’une mise en demeure adressée à l’hôpital Pitié-Salpêtrière, en la personne de son Directeur M. Didier Frandji. L’association Vaincre l’Autisme prévoit une série de manifestations ces mêmes jours pour faire pression sur les Conseils de l’Ordre.
Ces méthodes d’un autre âge interrogent sur les véritables motivations de leurs instigateurs dont on rappellera qu’ils ont, notamment, bénéficié d’un faux pour justifier leurs actions en arguant d’un courrier de Martine Aubry, alors candidate aux primaires socialistes, qui proposait l’interdiction du packing, ce que Madame Aubry elle-même a démenti dans un courrier au Professeur Pierre Delion[2].
Une étude scientifique ne préjuge pas de son résultat, ce que font les associations de parents d’enfants autistes qui ont décidé que cette technique « relevait de la torture[3] », qu’elle était pratiquée « sans protocole, sans évaluation et sans résultat3 » et qu’il fallait y mettre un terme parce que « dénuée de tout respect et de toute dignité3 ». Pierre Delion rappelle que « en effet, ils [les scientifiques] savent bien qu’avant de pouvoir démontrer quelque vérité scientifique que ce soit, le chercheur émet des hypothèses abductives (j’ai l’intuition que) puis conduit ses recherches pour tenter de démontrer de façon déductive et inductive les hypothèses émises. S’il n’y avait pas d’abord des intuitions basées sur la clinique, aucune découverte n’aurait pu être faite en médecine, ni a fortiori démontrées dans le cadre de l’Evidence Based Medicine. »
Sans s’appesantir sur le caractère outrancier des propos de l’association[4] qui assigne Pierre Delion devant votre Conseil, rappelons que le packing, contrairement à ce que laisse entendre ceux qui demandent son interdiction, n’a pas pour origine la psychanalyse mais qu’il trouve sa source dans la médecine antique. IL repose sur l’utilisation de l’eau dans les soins physiques et psychiques, l’hydrothérapie étant utilisée en Grèce dès le VIIIème siècle avant Jésus-Christ. Soranus d’Ephèse la recommande au 1er siècle de notre ère pour soigner la dépression. Au XVIIIème siècle, Pinel demande que l’on utilise les bains chauds à visée de relaxation. Cullen, médecin anglais, est le premier à recommander les enveloppements humides dans le même but. En 1948, Paul Sivadon a utilisé des approches corporelles à base d’eau, à Sainte Anne, « pour favoriser le sentiment de sécurité, la prise de conscience de l’existence corporelle et la relation avec les objets et les personnes ». En 1966, un psychiatre américain, Woodbury introduit sa méthode d’enveloppement (“packing” en anglais) en France : la technique est la même que mais l’enveloppement se déroule en présence d’un infirmier qui reste aux côtés du malade en permanence durant ce temps d’enveloppement. « Le but de ce traitement est de donner au malade une stimulation du schéma corporel, de contrôler ses tendances autodestructrices et agressives, sans l’aliéner par les médicaments ou l’isolement ».
La technique du packing sera proposée pour le traitement des enfants et adolescents autistes les plus gravement malades, ou qui présentent des troubles graves du comportement (hyperactivité, instabilité grave, auto- ou hétéro-agressivité, stéréotypies envahissantes, anorexie grave, insomnie rebelle notamment).
« La technique du packing est basée sur le réchauffement thermique cutané rapide (de l’ordre de cinq minutes selon des vérifications par thermomètres cutanés) obtenu en enveloppant le corps de l’enfant dans des serviettes de bain (deux pour le tronc, une pour chaque bras et jambe) mouillées froides. Seuls les membres supérieurs et inférieurs et le tronc sont enveloppés ; la tête et le visage ne sont pas concernés. Les serviettes sont recouvertes d’une alaise et de deux couvertures pour faciliter le réchauffement de l’enfant. Ces tissus d’une température proche de +10 à +15°C en début de séance se réchauffent très rapidement pour avoisiner la température du corps jusqu’à la fin de la séance. Seule la température superficielle est transitoirement diminuée, le patient n’est jamais placé en hypothermie. À l’issue de la séance, le sujet est frictionné et accompagné vers le lieu de vie où une collation est proposée dans une ambiance conviviale. Les séances d’enveloppement ont lieu une ou plusieurs fois par semaines en fonction de l’état de santé du patient. Les packings aident les enfants à renforcer leur conscience des limites de leur corps. Le packing a pour but d’aider le patient à retrouver une image corporelle en privilégiant ses vécus sensoriels et émotionnels. Bien plus qu’une méthode comportementale et uniquement corporelle, le packing permet d’aider l’enfant à retrouver un sentiment d’entourance (Haag et coll. 1995), qui permet l’établissement d’une relation avec les soignants qui accompagnent attentivement l’enfant pendant les séances.
Les packings entrent dans le cadre d’un projet de soins individualisés en accord avec les parents. Ils n’ont jamais lieu quand ils sont refusés par l’enfant. Cette prise en charge s’intègre au sein d’une prise en charge pluridisciplinaire, qui associe idéalement des soins, à des approches éducatives et pédagogiques adaptées[5] ».
En aucun cas, donc, il ne s’agit d’un traitement de l’autisme, ou de ce que l’on nomme aujourd’hui les Troubles Envahissants du Développement (TED), le Professeur Pierre Delion a maintes fois rappelé que « le packing ne concerne que quelques enfants porteurs de TED/TSA lorsqu’ils présentent des signes graves voire gravissimes de troubles du comportement, pour lesquels une indication précise doit être posée et une formation de l’équipe réalisée dans de bonnes conditions ». Il est donc malhonnête de réduire son travail à la volonté de « torturer » les enfants autistes et de refuser un protocole scientifique dont la méthodologie théorique et clinique honore ses concepteurs. Il ne suffit pas de se targuer d’autres autorités scientifiques qui, en l’occurrence, s’appuient sur des préjugés qui ont une construction scientiste voire idéologique, pour invalider le travail de plusieurs années au service d’une cause que Pierre Delion a défriché de longue date : combien d’entre nous ne se sont-ils pas intéressés à l’autisme, d’abord par la clinique et une réflexion plurifactorielle, sans exclusive et avec une grande rigueur scientifique et une grande ouverture d’esprit, grâce à lui ? Si le regard commun et scientifique sur l’autisme a pu évoluer dans ce pays, on le lui doit en grande partie, il suffit de lire ses travaux et ses publications avec honnêteté.
Les attaques visant Pierre Delionvisent aussi toute une profession, que le Syndicat des Psychiatres des Hôpitaux avait appelé à juste titre la Communauté soignante, dans une optique de « mise en cause des compétences médicales de la psychiatrie » et, plus généralement, de disqualification de la psychiatrie et de la psychanalyse.
Tout le monde est aujourd’hui d’accord pour dire que l’autisme, on devrait probablement dire les autismes, est un trouble neuro-développemental, entrant dans le cadre des troubles envahissants du développement ce qui ne préjuge en rien de son étiologie qui demeure inconnue, les hypothèses allant des anomalies génétiques aux atteintes infectieuses ou toxiques, probablement associés à des degrés divers.
Il faut rappeler qu’il n’existe pas de traitement curatif de l’autisme. En revanche de multiples approches de prise en charge ont vu le jour depuis la découverte de ce syndrome, approches sont issues de divers courants théoriques et basées sur des conceptions très diverses de l’autisme[6]. De manière pratique, des études scientifiques ont à ce jour permis de démontrer l’efficacité d’une prise en charge précoce à l’aide d’approches éducatives comportementales (ABA), cognitives (TEACCH) ou développementales. La littérature scientifique est unanime sur ce point : il faut que l’intervention éducative soit précoce, massive et structurée.
Mais, quel que soit la nature du handicap de la personne autiste, le mérite de la psychiatrie et de la psychanalyse aura été de montrer qu’elle demeure un être de relation, doté d’un inconscient, tout comme ses parents, et que les interactions relationnelles et identificatoires sont modifiés par le trouble. Et ce même si l’on réduit l’inconscient à ses dimensions cognitives, ce qui n’est plus le cas des neuro-biologistes, Lionel Naccache considérant même Freud comme le Christophe Colomb des neurosciences[7].
Ces attaques, enfin, visent un homme, Pierre Delion, dont l’intégrité professionnelle, le sens éthique, et l’humanité peuvent difficilement être discutés par quiconque est de bonne foi. « Nous sommes tous des Pierre Delion » disait le Syndicat des Psychiatres Hospitaliers. Nous dirions plutôt « Nous voudrions tous être des Pierre Delion ». Et avoir ses qualités humanistes, son profond respect de l’autre souffrant, sa rigueur scientifique, sa compétence dans l’animation des équipes dont il a eu la charge, sa qualité d’enseignant “maïeutique”, la cohérence qui est la sienne entre sa pratique et son enseignement, son attachement à la “défense et illustration” de la prise en charge des enfants autistes et de leurs familles. Son travail, son enseignement, son profond respect des familles plaident pour lui mieux que quiconque ne pourrait le faire. à travers lui, c’est toute une conception de l’humain, du social et du scientifique qui est en jeu. Et ces attaques inquiètent car elles traduisent une dérive qui voudrait qu’au lieu que ce soient les personnes en souffrance psychique qui fassent l’objet de fantasmes primaires stigmatisants, ce sont ceux qui les prennent en charge que l’on pare de ces intentions.
L’autisme est une souffrance, pour l’autiste d’abord, pour ses proches ensuite. La douleur des parents doit être respectée et entendue, y compris quand elle s’exprime de manière excessive. Mais l’alliance thérapeutique que prône l’ensemble des dispositifs voulus ces dernières années par les pouvoirs publics suppose respect mutuel et confiance réciproque. La controverse n’est pas inutile, « Le mot liberté n’admet, par définition, aucune restriction[8] », si elle fait progresser la lutte contre la souffrance. Chacun doit se regarder en conscience, la pratique de la psychiatrie et de la psychanalyse n’ont pas toujours été heureuse en matière d’autisme, toutes les associations de parents d’autistes ne se reconnaissent pas dans des discours excessifs, et chercher comment concilier au mieux « corps et esprit humains, inséparables[9] ».
Cette nécessaire alliance, chacun doit y participer.
Autistes dans la mesure de leurs moyens, parents qui doivent trouver une réponse à leur détresse et aider leur enfant à progresser autant qu’il lui est possible afin de « garantir l’intégration des personnes autistes en milieu ordinaire ou la création de places adaptées en milieu spécialisé[10] » ; pouvoirs publics, qui doivent éviter toute posture démagogique, proposer des espaces de médiation et soutenir toute recherche, sans exclusive aucune, qui permettra de faire avancer les connaissances en matière de troubles envahissants du développement ; les médias, qui doivent aider à la prise de conscience en ces matières mais aussi informer de manière objective. Les professionnels enfin, dont le dévouement ne peut être contesté et qui, quoi qu’il advienne et quel que soit le champ de compétence de leur intervention, demeureront un maillon indispensable à l’évolution positive des enfants et adultes concernés.
Ces alliances sont tout le contraire de démarches qui ont une construction sectaire en ce sens qu’en s’appuyant sur la détresse et l’émotion au détriment de la réflexion critique, elles se soutiennent du “principe de simplification”, supercherie visant à séduire les personnes en détresse par l’indication d’une “voie unique”, factice face à la complexité des problèmes posés, voie qui, en ce sens, constitue une régression épistémologique.
Claude Finkelstein, présidente de la FNAPSY, rappelle que « les chapelles en psychiatrie sont devenues des sectes, chacune pensant avoir “raison” contre la “déraison” et ceux qui en souffrent sont les patients, non les familles, même si j’en suis sûre celles-ci sont de bonne foi. Seul le patient peut dire si telle ou telle intervention lui a servi. »
C’est pourquoi nous soutenons le Professeur Pierre Delion dans sa démarche, nous dénonçons la véritable chasse aux sorcières dont, avec certains de ses collègues pédopsychiatres, il fait l’objet et nous demandons que Pierre Delion reçoive tout l’appui qu’il mérite de la part de ses confrères de l’Ordre des médecins, en reconnaissance de son courage, de sa rigueur et de sa compétence dans l’ensemble de son œuvre.
signataire
[1]Vaincre l’Autisme (ex Association Léa pour Samy)
[2] « je suis particulièrement désolée que l’on ait pu mettre sous ma signature une prise de position que je ne cautionne en aucun cas… Vous savez combien je suis admirative de vos qualités de médecin et scientifique. Je sais ce que vous apportez au CHRU de Lille et, au-delà, à la médecine de ce pays »
[3] Vaincre l’Autisme
[4] Rappelons malgré tout que « Vaincre l’Autisme tient à préciser que les psychiatres psychanalystes français en charge de l’autisme, remis en question depuis plusieurs années, refusent de répondre aux médias qui les sollicitent pour mener un travail d’investigation. Ce faisant, ils bloquent le débat démocratique et l’information du Grand Public. » On a vu ce que devenaient les propos des psychiatres interrogés par la réalisatrice du Mur dont le montage partial a abouti à discréditer trois des plus grandes figures de la psychiatrie française, outre le Professeur Pierre Delion, le Professeur Daniel Widlöcher et le Professeur Bernard Golse.
[5] Wikipédia
[6] Voir les travaux, notamment de Jacques Constant et ceux de Centre Ressource Autisme de Languedoc-Roussillon à la demande du ministère de la santé en 2007
[7] Le nouvel inconscient, Poche Odile Jacob, février 2009
[8] Jean Yanne, Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil
[9]Pierre Delion, Lettre ouverte
[10]Autisme France
Collectif des 39
Communiqué de presse
Appel_pour_le_meeting_du_17_mars_12
- Collectif des 39 - Quelle hospitalité pour la folie ?
-quelle hospitalité pour l’humain ?
Appel au meeting du 17 mars 2012
à "La maison de l'Arbre"
Montreuil sous Bois 93
La folie n’est concevable qu’irréductiblement liée à la condition humaine.
Les conditions d’hospitalité pour la folie se dégradent inexorablement depuis près de trente ans. Depuis le 2 décembre 2008, date du discours du Président de la République à l’hôpital d’Antony, la situation s’est considérablement aggravée ; il est de plus en plus difficile de soigner et d'être soigné particulièrement depuis la loi du 5 juillet 2011.
Nous sommes à un moment politique où tous ces enjeux cruciaux pour la psychiatrie se posent aussi pour l'ensemble de la société. Nous nous adressons à tous les candidats républicains pour qu’ils s’engagent à soutenir une psychiatrie fondée sur l’hospitalité.
Nous professionnels du sanitaire, du médico-social, patients, familles et proches qui fréquentons la psychiatrie affirmons que :
-L’engagement thérapeutique doit conduire à mettre l'accueil au centre des préoccupations afin de prendre en considération la vulnérabilité et la créativité des patients nécessaires à toute prise en charge thérapeutique.
-La dimension relationnelle est au cœur de tout processus de prévention et de soins.
-L’accès à des soins de qualité est un principe républicain.
Aussi refusons-nous avec force:
- L’envahissement d’une logique gestionnaire et managériale, l’exigence de rentabilité du soin, le manque de temps soignant, le manque de lits et de places, qui amènent à une accélération inconsidérée des prises en charge. Trop souvent les patients se retrouvent déshospitalisés avant d’aller suffisamment bien. Ce qui de fait conduit à un abandon des plus fragiles renvoyés à la rue ou à la prison.
- Les empêchements à la mise en place d’un accueil de bonne qualité dans les services et dans les lieux ambulatoires, où les protocoles standardisés pseudo scientifiques dénient la singularité de chaque acte, de chaque projet soignant, de chaque patient et constituent un obstacle à la rencontre avec les patients.
- La politique de la Haute Autorité de Santé (HAS) qui impose cette protocolisation destructrice d’hospitalité par des « quasi rituels » de soumission sociale au travers de processus d’accréditations homogénéisants et abêtissants.
- La nouvelle loi du 5 Juillet 2011qui se fonde sur l’illusion dangereuse qu’un traitement sous la contrainte juridique dans la cité est une avancée pour les patients ou leur famille.
-La mise à mal de la protection judiciaire de la jeunesse et la volonté de prédire le destin psychopathologique d’enfants de 3 ans ou d’adolescents. Ces choix vont à l’encontre de toute expérience clinique et éducative et aggravent de fait la situation psychique des jeunes concernés.
- Les diagnostics effectués par des programmes informatiques ou des questionnaires sans finesse clinique qui relèvent d’une pratique machinique que nous n’aurions jamais imaginée. Cette dérive ne peut conduire qu’à des aberrations et à une déshumanisation.
Aussi soutenons nous toutes pratiques qu’elles soient publiques, libérales conventionnées ou associatives, garantissant en particulier la continuité des soins et prônant l’attachement à des valeurs fondamentales telles que le respect du secret professionnel, l’engagement relationnel, l’indépendance professionnelle et le respect de l’intimité du patient.
Nous défendons pour tous les professionnels de la psychiatrie un enseignement qui repose notamment sur la psychopathologie et nécessite la réintroduction de formations spécifiques ancrées sur la clinique. Une rupture nette du cadre hospitalo - universitaire sous l’emprise des laboratoires pharmaceutiques doit être effective.
Nous nous battons déjà quotidiennement là où nous travaillons pour une autre pratique du soin et de l’hospitalité pour les patients et leurs familles. Nous le faisons malgré toutes les difficultés que nous rencontrons sur le terrain. Les résistances internes aux collectifs de soins ont toujours nécessité un travail d’analyse permanent ouvrant une possibilité concrète d’agir sur l’organisation du travail. Or ces résistances se trouvent considérablement aggravées par l’organisation bureaucratique actuelle de la Psychiatrie.
Nous sommes dans l’urgente nécessité de refonder la psychiatrie avec les principaux concernés: soignants de tous métiers et travailleurs sociaux, patients et usagers, familles et tous ceux, intellectuels et artistes qui soutiennent notre mouvement.
Nous affirmons que cette perspective est essentielle pour que la psychiatrie ne bascule pas dans la barbarie où rejeter et punir feraient disparaître les pratiques accueillantes de soins désaliénistes.
Nous demanderons solennellement aux politiques lors de ce meeting du 17 mars 2012 à "La maison de l'Arbre" à Montreuil sous Bois 93, de s’engager dans ce mouvement de refondation et d’abroger
- la Loi du 5 juillet 2011, et toutes les lois organisant depuis des années la bureaucratisation de la gouvernance hospitalière.
- La loi du 25 février 2008 sur la rétention de sûreté
Inscrivez –vous sur le site : www.collectifpsychiatrie.fr
Contacts presse: Yves Gigou: 06 60 48 98 84 - yglns39@orange.fr
Débat autour de DANGEROUS METHOD
Association pour l'Enseignement de la Psychanalyse et de son Histoire
& le cinéma Le Métropole
de David Cronenberg A dangerous method,
Les thèmes abordés lors de cette soirée-débat sont également à l’ordre du jour du colloque de l’ALEPH du 21 janvier :
« Sexe, savoir et pouvoir »
renseignements sur http://www.aleph.asso.fr
En présence de Geneviève Morel, psychanalyste, docteur en psychologie clinique et psychopathologie, auteur de : Ambiguïtés sexuelles. Sexuations et psychose (2000) ; Clinique du suicide (sous la dir. de) (2002) ; L'œuvre de Freud. L'invention de la psychanalyse (2006) ; La loi de la mère. Essai sur le sinthome sexuel (2008).
Débat animé par Bénédicte Vidaillet, psychanalyste, maître de conférences à l’Université de Lille1.
Vous trouverez ci-joint l'affichette. Cordialement, Isabelle Baldet, secrétaire de l'ALEPH
Questions au gouvernement
Cette après-midi, au cours des Questions au Gouvernement, Monsieur Benoit a posé une question au Ministre du Travail, de l'Emploi et de la Santé au sujet de la réforme des études d'orthophonie.
Voici le lien.
Puis choisir "17 janvier 2012"
Se diriger ensuite sur l'onglet "Réforme du cursus universitaire des orthophonistes"
Mise à jour
Bernard ACCOYER, président de l’Assemblée nationale
La parole est à Thierry BENOIT. (…) Monsieur BENOIT, vous avez la parole ; posez votre question. (…) Allez-y !
Thierry BENOIT, député apparenté Nouveau centre d’Ille-et-Vilaine
Merci, Monsieur le Président. Ma question, à laquelle j’associe le groupe Nouveau centre, s’adresse à Xavier BERTRAND, ministre de la Santé. Monsieur le Ministre, vous avez annoncé en octobre dernier la réforme du cursus universitaire des étudiants orthophonistes. Cette réforme vise, dans un premier temps, à revaloriser le niveau d’études des orthophonistes, au grade de « master 1 » à la fin de leurs quatre années d’étude. Cette mesure me paraît entièrement justifiée au vu de la difficulté des examens d’entrée des centres de formation et du travail préparatoire fourni par les étudiants pour être admis dans ces écoles. Bien souvent, les futurs orthophonistes doivent passer une ou plusieurs années sur les bancs des classes préparatoires aux concours qui ne sont pas reconnus par l’Etat. Il était donc important de reconnaître les efforts des étudiants et nous nous en félicitons. Cependant, vous prévoyez également d’introduire dans ce cursus initial, une 5ème année d’étude afin de répondre aux besoins de rééducation spécifique de certains patients, notamment touchés par des accidents vasculaires cérébraux, maladie d’Alzheimer ou maladie de Parkinson. Cette deuxième année de master risque de créer une médecine à deux vitesses et d’accentuer les problèmes de désertification médicale. Monsieur le Ministre, vous n’êtes pas sans savoir que certains de nos territoires souffrent d’une carence en médecine générale, mais aussi en médecine spécialisée. La moyenne nationale des orthophonistes est de 32 orthophonistes pour 100.000 habitants, ce qui est peu. Cinquante-deux pour cent d’entre eux ont choisi d’exercer dans des agglomérations de plus de 200.000 habitants. Ma question, Monsieur le Ministre, est donc simple : quelles mesures comptez-vous prendre pour que l’Etat reconnaisse à son juste niveau la qualification des orthophonistes en France tout en évitant le risque d’une médecine à deux vitesses ? Je vous remercie.
Bernard ACCOYER
Monsieur le Ministre du Travail, de l’emploi et de la santé.
Xavier BERTRAND, ministre du Travail, de l’emploi et de la Santé
Merci Monsieur le Président. Mesdames et messieurs les Députés, Monsieur le Député, avec Laurent WAUQUIEZ, avec Nora BERRA, nous travaillons sur ce dossier de façon à pouvoir mieux valoriser cette profession et à faire en sorte que l’on puisse à la fois améliorer et densifier la future reconnaissance universitaire. Disons les choses clairement : la qualification, le diplôme de niveau M1, cela va représenter 6.000 heures reconnues. Aujourd’hui – aujourd’hui – les orthophonistes sont reconnus pour 2.400 heures de travail théorique plus le travail personnel, qui n’est pas important : qui est très important. Donc le diplôme de niveau M1 aujourd’hui, leur apporte davantage que ce qu’ils avaient auparavant. Je le dis – parce que nous entendons parfois dire le contraire – ça n’est pas la réalité. Par ailleurs, il n’est pas question de créer une profession à deux vitesses. Certains nous disent : « Oui, mais si on a un M1 et un M2 pour certains, est-ce qu’il ne va pas y avoir une spécialisation ? Est-ce que les patients vont s’y retrouver ? » Nous avons donc dit, avec Laurent WAUQUIEZ, « message bien reçu », nous pouvons donc bien nous arrêter au M1 et pour la question du M2, il faut voir dans quelles conditions cela peut être mis en place, parce qu’il ne s’agit pas d’inquiéter qui que ce soit et nous avons bien conscience aussi des difficultés de démographie médicale. Non seulement je n’aime pas les médecines à deux vitesses, je n’aimerais pas une profession à deux vitesses, mais si vous y ajoutez en plus les problèmes de démographie médicale, là pour les patients ce serait la pire des choses. Donc nous continuons à discuter, envisager les solutions en n’oubliant pas, non plus, que cette remasterisation ne concerne pas que la seule profession d’orthophoniste ! Il y a d’autres professions qui ont aussi accepté de réelles avancées, et nous devons tenir compte de l’équilibre vis-à-vis de tous. Sur la démographie médicale, quand il y a des demandes d’ouverture d’écoles d’orthophonie, quand il y a des demandes de relèvement du numerus clausus, des conseils régionaux en lien avec les universités, jamais nous n’avons refusé, jamais nous ne refuserons, parce que je ne veux pas avoir à gérer la pénurie comme ça a été le cas depuis des années en gérant les erreurs des années 1990. Et par ailleurs, je le dis et je l’assume, pour moi, la seule voie de l’avenir, ça ne sera à chaque fois que la libre installation, et certainement jamais la coercition et l’obligation, voilà notre vision.








