orthologo

19 mai 2012

Pratiques avancées

La Loi hôpital, patients, santé et territoires (HPST) instaure le concept de "Pratiques avancées". Article 51 de la loi HPST.

L'article 51 de la loi HPST Loi_HPST__article_51

 

La loi HPST a prévu des dispositions permettant de nouvelles coopérations entre professionnels de santé. Ces coopérations ont pour but d'offrir aux professionnels paramédicaux des compétences supplémentaires dans des domaines spécifiques.

Les orthophonistes peuvent donc espérer dans ce cadre récupérer de nouvelles compétences si elles sont spécifiquement formées pour ces pratiques avancées.

Mais il est aussi à craindre que d'autres professionnels puissent également récupérer des compétences réservées à d'autres paramédicaux à moins que les décrets de compétences soient strictement préservés et entrainent une exclusvité de la pratique.

 

 

HAS

Coopération entre professionnels de santé : Élaboration d’un protocole de coopération – Article 51 de la loi HPST

Guide méthodologique tome 2

Objectifs
  • faciliter la compréhension mutuelle des différents acteurs impliqués dans les protocoles de coopération au titre de l’article L. 4011-2 du code de la santé publique ;
  • aider les professionnels de santé à rédiger des protocoles de coopération pour faciliter leur instruction.
Date de l'étude septembre 2010
Résumé

Pour aider les professionnels de santé à rédiger des protocoles de coopération éligibles au titre de l’article 51 de la loi HPST, la Haute Autorité de Santé et la Direction générale de l’offre des soins ont pris l’initiative d’élaborer un guide méthodologique « Élaboration d’un protocole de coopération – Article 51 de la loi HPST ».

  • Ce guide méthodologique s’adresse aux professionnels de santé quels que soient leur contexte de soins et leur mode d’exercice.
  • Le guide est présenté sous forme de fiches pour chaque acteur concerné par la coopération pour leur permettre d’appréhender rapidement leur rôle et leurs attributions respectives.
  • Il est conseillé de lire le guide pour mieux s’approprier la démarche de coopération et faciliter la rédaction du protocole de coopération. Le plan du guide respecte le déroulement de la procédure applicable aux protocoles de coopération.

Le guide à télécharger.

Voir le Fichier : guide_methodo_tome2_21072010_2010-09-03_13-59-2_321.pdf

 

Pour ceux qui sont intéressés par le sujet, je conseille d'aller lire "Pratiques avancée, de quoi parlons-nous ?"

Infirmiers

 

Un master de pratique avancée en soins infirmiers a été mis en place conjointement par l'École des hautes études en santé publique (EHESP) et l'université de la Méditerranée d'Aix-Marseille.

Ce master, destiné à former les infirmières à une nouvelle fonction dite des pratiques avancées, est la traduction concrète de la loi hôpital, patients, santé et territoires (HPST), qui a prévu des dispositions permettant de nouvelles coopérations entre professionnels de santé.

Dans un domaine d'activité spécifique, les infirmières en pratiques avancées seront capables de dispenser des soins experts dans le champ infirmier. "Si le cas se présente, dans le cadre d'un protocole national de coopération, elles se verront également attribuer des activités jusque là réservées au domaine médical", explique Christophe Debout, responsable pédagogique du master au sein de l'EHESP.

"Considérer que l'infirmière en pratiques avancées est une infirmière récupérant les activités jusque là relevant d'un suivi médical est une vision trop limitée", précise le responsable pédagogique, insistant sur le travail mené avant tout au sein du master "pour développer leur expertise dans le champ infirmier".

 

Source : APM, 22 janvier 2010 

APM_international

Posté par orthologo à 18:13 - Commentaires [0]
Tags : , , ,


28 avril 2012

FOF communiqué Journée du 16 avril 2012

Communiqué de la FOF au sujet de la reprise des travaux sur le contenu de la formation initiale d'orthophonie.

 

FOF_2012

 

POUR TELECHARGER LE COMMUNIQUE : FOF_2012

Posté par orthologo à 12:52 - - Commentaires [0]
Tags : , , , ,
26 avril 2012

Numerus clausus Orthophonie

Arrêté du 10 avril 2012 fixant le nombre d'étudiants à admettre en première année d'études préparatoires au certificat de capacité d'orthophoniste

 

Le nombre d'étudiants à admettre en première année d'études préparatoires au certificat de capacité d'orthophoniste pour l'année scolaire 2012-2013 est fixé à 808.

 

Le décret est téléchargeable sur Legifrance ou

arr_t___10_04_12__quotas_certificat_capacit__orthophoniste

Posté par orthologo à 20:39 - - Commentaires [4]
Tags : , ,
17 avril 2012

Formation Initiale, reprise du Groupe Technique

Les travaux concernant la réingénierie de la formation pour la profession d’orthophoniste ont enfin repris sous la double tutelle du Ministère de l’Enseignement Supérieur et du Ministère de la Santé. La réunion de reprise des travaux s’est déroulée le 16 avril 2012. Une prochaine réunion est programmée le 5 juin 2012.


Vous trouverez ci-dessous le compte-rendu de la Fédération Force Ouvrière de cette réunion.

FO_ORTHO_CR_REUNION_MESR_160412


Pour télécharger le communiqué :  FO_ORTHO_CR_REUNION_MESR_160412.pdf

Posté par orthologo à 23:21 - - Commentaires [7]
Tags : , , , ,
12 avril 2012

Orthophoniste : fiche métier

 

R_pertoire_m_tiers_FPH

 

La Direction Générale de l’Offre de Soins conduit un travail de réflexion sur les métiers de la santé dans le cadre de la réingénierie des diplômes des professionnels de santé. Plus particulièrement la sous direction des ressources humaines élabore des référentiels d’activités et de compétences pour chaque métier considéré avec l’ensemble des représentants des organisations professionnelles, des personnes qualifiées, des enseignants et des médecins. Ces référentiels permettent d’élaborer, avec les représentants cités ci-dessus, un référentiel de formation. Ce dernier se décline au travers de différents domaines de savoirs : fondamentaux, « cœurs de métiers » et méthodologiques. Les approches théorique, pratique et clinique sont introduites dans les processus d’enseignement/apprentissages. La logique générale est d’amener l’étudiant à développer sa capacité à rechercher et analyser les ressources disponibles afin de développer une large palette de connaissances et de compétences en vue de répondre aux compétences nécessaires à l’exercice du métier et de s’adapter à ses évolutions.


Télécharger la fiche au format PDF metier



Orthophoniste_metier


ORTHOPHONISTE

Famille : Soins

Sous-Famille : Soins de rééducation

Code FPT : 09/D/25

Code Rome : J1406

Code Métier : 05I20


Information générale

Définition :

Etablir, dans le cadre de la prescription médicale, un bilan qui comprend le diagnostic orthophonique, les objectifs et le plan de soins.
Prévenir, évaluer et prendre en charge, aussi précocement que possible, les troubles de la voix, de l'articulation, troubles de la communication, de la parole, de la déglutition oro-pharyngée ainsi que les troubles associés à la compréhension du langage oral et écrit et à son expression,
Dispenser l'apprentissage d'autres formes de communication non verbale permettant de compléter ou de suppléer ces fonctions.

Autres appellations :

Logopède
Logopédiste

Prérequis :

Certificat de capacité d'orthophoniste

Activités

- Accueil, encadrement et accompagnement pédagogique de personnes (agents, d'étudiants, stagiaires, etc.)
- Bilan clinique d'un patient, spécifique au domaine (entretien / examen, recueil d'information,  travail de synthèse, restitution...)
- Conseil et éducation thérapeutiques, relatifs à son domaine d'activité
- Coordination et suivi de la prise en charge de prestations
- Information et conseil auprès des personnels / utilisateurs / usagers, relatif au domaine d'activité
- Réalisation d'audiogramme, PEA, exploration de l'audition
- Réalisation d'études et de travaux de recherche dans son domaine
- Rédaction de comptes-rendus relatifs aux observations / aux interventions, dans son domaine d'activité
- Rédaction et mise à jour du dossier patient, dans son domaine d'activité
- Surveillance de l'état de santé des personnes (patients, enfants, etc.), dans son domaine d'intervention
- Veille spécifique à son domaine d'activité

Savoir-Faire

- Analyser / évaluer la situation clinique d'une personne, d'un groupe de personnes, relative à son domaine de compétence
- Concevoir et conduire un projet de soins, dans son domaine de compétence
- Conduire un entretien d'aide
- Conseiller et orienter les choix d'une personne ou d'un groupe, relatifs à son domaine de compétence
- Définir et mettre en oeuvre les soins et activités thérapeutiques adaptés au patient, relatifs à son domaine de compétence
- Éduquer, conseiller le patient et son entourage dans le cadre du  projet de soins
- Élaborer et formaliser un diagnostic santé de la personne, relatif à son domaine de compétence
- Transférer un savoir-faire, une pratique professionnelle
- Travailler en équipe / en réseau
- Utiliser des matériels, des outils de diagnostic, de travail ou/et de contrôle spécifiques à son métier

Connaissances

Description

Degré

Formacode

Communication et relation d'aide

Connaissances détaillées

44021

Éthique et déontologie médicales

Connaissances générales

14220

Médicales générales et/ ou scientifiques en fonction du domaine d'activité

Connaissances approfondies

 

Orthophonie

Connaissances approfondies

 

Psychosociologie du handicap

Connaissances détaillées

14414

Qualité

Connaissances générales

 

Réseaux sanitaires, sociaux et médico-sociaux

Connaissances générales

 

 

Connaissances détaillées : Connaissances détaillées, pratiques et théoriques, d'un champ ou d'un domaine particulier incluant la connaissance des processus, des techniques et procédés, des matériaux, des instruments, de l'équipement, de la terminologie et de quelques idées théoriques. Ces connaissances sont contextualisées. Durée d'acquisition de quelques mois à un / deux ans.
Connaissances générales : Connaissances générales propres à un champ. L'étendue des connaissances concernées est limitée à des faits et des idées principales. Connaissances des notions de base, des principaux termes. Savoirs le plus souvent fragmentaires et peu contextualisés. Durée d'acquisition courte de quelques semaines maximum.
Connaissances approfondies : Connaissances théoriques et pratiques approfondies dans un champ donné. Maîtrise des principes fondamentaux du domaine, permettant la modélisation. Une partie de ces connaissances sont des connaissances avancées ou de pointe. Durée d'acquisition de 2 à 4/ 5 ans.

Informations complémentaires

Relations professionnelles les plus fréquentes :

Corps médical, notamment le médecin prescripteur pour la prescription du bilan et la prise en charge éventuelle.
Équipe interprofessionnelle pour la coordination des soins et l'élaboration des prises en charge.
Orthophonistes libéraux pour l'orientation thérapeutique et le suivi du patient, services médico-sociaux, entourage familial, psychologues, chirurgiens, autres professionnels de santé.
Corps enseignant, personnel de l'éducation nationale, éducateurs psychologues scolaires, médecin scolaire, enseignant référent pour le suivi d'un enfant présentant des troubles de développement ou un handicap. L'orthophoniste fait le lien entre le thérapeutique et le pédagogique.
Personnel des établissements scolaires et les PMI pour l'évaluation de la situation, la coordination et l'orientation dans le respect du secret professionnel.

Etudes préparant au métier et diplôme(s) :

Certificat de capacité d'orthophoniste
Ou qualification reconnue selon les termes de la directive européenne  qualifications  2005.

Correspondances statutaires éventuelles :

Orthophoniste

Proximité de métier - Passerelles courtes :

Cadre de santé d'unité de soins et d'activités paramédicales.
cadre de santé formateur en soins et activités paramédicales.

Proximité de métier - Passerelles longues :

Cadre de santé de secteur de soins et d'activités paramédicales .
directeur de soins.
métiers des soins et d'activités paramédicales.

Tendances d'évolution du métier - Les facteurs clés à moyen terme :

Augmentation des pathologies en pédopsychiatrie.
accueil de populations fragilisées et de personnes de plus en plus jeunes.
évolutions technologiques des équipements et des matériels utilisés en orthophonie.
renforcement de la prévention primaire et de la prévention secondaire.
vieillissement de la population et des pathologies associées.

Conséquences majeures sur l'évolution des activités et des compétences :

Renforcement des connaissances en santé publique.
Création et mise en place de projets adaptés
Accroissement des connaissances des pathologies concernant ces populations.
Veille sur les évolutions techniques, nécessité de formation continue sur les nouveaux matériels, de compétences en ingénierie technologique.
Optimisation des missions de l'orthophoniste au sein de la structure hospitalière.
Développement de la recherche en orthophonie.
Développement des activités en direction des personnes âgées.
Rééducation des fonctions supérieures (mémoire, raisonnement, attention).Renforcement du passage du diagnostic orthophonique au diagnostic différentiel.


Posté par orthologo à 20:52 - - Commentaires [2]
Tags : , , , ,


06 avril 2012

Les étudiants semblent cohérents.

Allez en cette veille de Pâques... tentons de faire raisonner les cloches, elles résonnent tellement depuis quelques mois...

J'ai découvert un forum d'étudiants en orthophonie et me voilà un peu rassurée au sujet de l'avenir de la profession. J'y ai découvert des propos clairs et cohérents.

 

  Petits extraits lu sur un forum d'étudiants en orthophonie… ICI et LA 

 Réponses des personnages caricaturaux habituels...

"Il me semble que les pratiques avancées telles que citées dans le rapport Hénart, on les pratique déjà plus ou moins..."

Tout à fait d'accord ! En effet la plupart des orthophonistes pratiquent plus ou moins l'orthophonie. Mais on ne peut pas leur en vouloir individuellement étant donné la formation qu'elles subissent les pauvres. Formation totalement aux mains d'un syndicat et certains ne font de la formation continue qu'avec ce même syndicat ce qui fait encore aggraver le plus ou moins.


"Quand à la distinction de salaire orthophoniste / infirmière je ne la connaissais pas à l'hôpital, tu m'apprends quelque chose là"

En effet, elle se trompe au sujet des différences de salaires ortho/infirmier/kiné à l'hôpital, enfin si une partie des infirmiers a pu passer en catégorie A et donc a eu une augmentation de salaire, mais pour cela il a fallu que les infirmiers acceptent que leur formation soit reconnue au niveau licence.

Enfin, elles n'ont pas l'impression de radoter ces quelques "vieilles" ortho qui rabâchent le même vide depuis des mois ?

 

"Le niveau M1 n'existe pas"  Ah bon ? Il existe partout mais bon et est même une étape obligée…

" Et avec un grade M1 équivalent à un grade licence, toujours pas d'accès à la recherche en orthophonie.." Ah bon ? Et tous ces gens bac+2 qui ont obtenu un doctorat comment ont-ils fait ?

" pas favorable à l'idée de "spécialisation" en orthophonie" Peut-être est-il préférable de laisser faire "plus ou moins" n'importe quoi par tout le monde ?

"Une distinction M1/M2 telle que proposée par nos ministres de tutelle n'est actuellement pas réalisable" Pourtant c'est bien ce que demande la FSM dans sa réponse du 28 janvier 2012.

"C'est aussi, et désolée si pour le coup je suis un peu dure, mais faire preuve d'un égoïsme vis-à-vis des collègues qui eux souhaitent le master 2 !" Mais alors là c'est le pompon… une poignée d'ortho qui harcèlent littéralement les politiques, les médias et qui bloquent l'évolution de plus de 20 000 orthophonistes... Ne seraient-ce pas  ces caricatures qui font preuve d'égoïsme en bloquant toutes les négociations pour la profession ? Ah Narcisse ???

Mais c'est vrai dans les lieux d'expression de ces orthophonistes, on pratique ouvertement la censure.

 

 

Posté par orthologo à 18:57 - - Commentaires [7]
Tags : , , ,
04 avril 2012

Orthophonie & Master ?

Dans ce post, je vous récapitule tous les articles portant sur le Master en Orthophonie et la réingénerie des études d'orthophonie, le passage en catégorie A des orthophonistes de la Fonction Publique Hospitalière...

Des informations argumentées et vérifiées.

 

Pourquoi refuser d'entendre la Parole de l'autre ? le 1er avril 2012

Pratiques avancées  le 18 février 2012

 Questions à Mme Nora Berra  le 1er février 2012

Questions au gouvernement le 17 janvier 2012

C'est un beau désaveau... le 15 janvier 2012

Petit Jeu du VRAI ou FAUX... le 13 janvier 2012

Tu Voeux... ou tu voeux pas ! le 12 janvier 2012

C'est grave... docteur ? le 8 janvier 2012

Fous Rire merci à la FB's Ce Syndicat  le 15 décembre 2011

Et encore un texte pathétique... long en plus...le 14 décembre 2011

Liberté de Paroles le 14 décembre 2011

Un nouveau produit au marché de la bêêtise...le 13 décembre 2011

Mail de X Bertrand et L Wauquier le 13 décembre 2011

Ce Syndicat... Têtes à claques... le 8 décembre 2011

Pitié... un miracle pour Ce Syndicat... le 8 décembre 2011

Master orthophonie... LA REALITE Le 7 décembre 2011

MERCI A Ce Syndicat !!!! le 7 décembre 2011

La position de Force Ouvrière le 6 décembre 2011

Orthophoniste… C’est un métier ? (Ateliers Claude Chassagny) le 4 décembre 2011

Mais pour qui se prend-elle ? le 4 décembre 2011

Petit moment de détente... le 1er décembre 2011

Désinformations et racolage...le 28 novembre 2011

Master etc... le 21 novembre 2011

Masters... complèments ...(CFDT)  le 20 novembre 2011

Et encore un problème de compréhension des orthophonistes de Ce syndicat... ! le 16 novembre 2011

Master Orthophonie (la FOF) le 4 novembre 2011

Reconnaissance Master le 29 octobre 2011

Niveau master le 14 juin 2011

Accord de Bologne le 4 avril 2011

Niveau Master le 11 avril 2011

Et ils se disent représentatifs... le 15 février 2011

Orthophonistes hospitaliers le 8 avril 2011

Et encore un (pas trop mal) le 12 avril 2011

Et encore un article qui déclenche les foudres... Le 20 mars 2011

Eh oui... Enfin le 8 mars 2011

Exode de cerveau ! le 15 février 2011

Formations paramédicales le 22 décembre 2010

Revalorisation des Orthophonistes le 28 septembre 2010

Ce Syndicat et ses incohérences... le 22 mai 2010

Reclassement Catégorie A le 7 mars 2010

mise à jour le 4 avril 2012

ABA, Centre Camus

Article publié dans Mediapart, le 3 avril 2012.


Autisme : un courrier embarrassant pour un centre toujours cité en exemple

03 avril 2012 | par Sophie DUFAU MEDIAPART

C'est une plainte bien embarrassante. Il y a un peu moins de dix mois, Fernando Ramos, père de deux enfants autistes, a adressé un courrier à l'agence régionale de santé (ARS) du Nord-Pas-de-Calais afin, raconte-t-il, « d'ouvrir les yeux des pouvoirs publics sur les méthodes utilisées par le centre Camus de Villeneuve-d'Ascq ». Selon lui, certaines pratiques employées ici relevaient « de la maltraitance ». La lettre reçue le 7 juillet 2011 par le directeur général de l'ARS a déclenché le 25 août et 9 septembre 2011 la visite de quatre membres de l'équipe d'inspection (IGR). Lesquels ont remis leur rapport le 29 février 2012. Révélé aujourd'hui par Mediapart, il conclut que ce centre présente des « dysfonctionnements » constituant «des facteurs de risques de maltraitance susceptibles d'avoir des répercussions sur les enfants accueillis »...

C'est une plainte bien embarrassante parce que le centre Camus n'est pas une simple structure accueillant des enfants présentant des “troubles sévères du comportement”. C'est la tête de pont, en France, de la prise en charge des enfants autistes via la méthode comportementale ABA – pour Applied Behavior Analysis, ou en français, analyse appliquée du comportement (lire par exemple ici ou là). Ce centre, qui a ouvert ses portes en juin 2008, a été largement présenté au grand public à l'automne de cette année-là, lorsque l'acteur Francis Perrin a eu carte blanche dans l'émission Envoyé spécial de France-2 pour présenter la méthode et les professionnels qui prenaient en charge son fils Louis, « un enfant presque comme les autres ».



De plus, en cette année 2012 où l'autisme a été déclaré Grande cause nationale et où la Haute autorité de Santé a, dans son rapport remis en mars dernier, classé l'ABA dans les « interventions recommandées » dans la prise en charge des personnes présentant des troubles envahissants du développement, c'est très souvent vers ce centre que les médias se tournent pour illustrer la prise en charge des enfants par les méthodes comportementales ou éducatives, comme le fait par exemple Sciences et avenir dans son numéro avril 2012.

Le centre Camus a été créé par Vinca Rivière (que l'on voit sur la vidéo ci-dessus aux côtés de Francis Perrin), maître de conférences à l'université de Lille 3, qui se targue d'avoir fait entrer en France cette méthode comportementale. Emanation de l'association Pas-à-Pas qui en assure la gestion et dont Vinca Rivière est la trésorière, ce centre est fortement soutenu par Xavier Bertrand, ministre du travail, de l'emploi et de la santé, ainsi qu'en témoigne une lettre de juin 2011. 

Enfin, le centre Camus accueille aujourd'hui vingt enfants et attend, pour fin mai ou début juin 2012, l'autorisation de poursuivre ses activités sous le statut d'établissement expérimental sous lequel il fonctionne aujourd'hui.

5 000 euros de formation

Fernando Ramos a deux filles : l'une née en mai 2003 et l'autre en mai 2004. Dès 2006, de l'Auvergne où il vit, cet ouvrier se paie une formation à la méthode ABA avec des psychologues dépêchées par l'association Pas-à-Pas. Un enseignement qui lui a coûté quelque 5 000 euros, auxquels s'ajoutent environ 600 euros par mois pour les supervisions des psychologues, sans compter les frais de déplacement. En 2007, apprenant que cette association allait créer le centre Camus, ce père divorcé déménage dans le Nord, habité par « l'espoir dans cette prise en charge qui promettait la rémission et un accès à une vie normale pour mes filles et toute la famille ».

Au début, la plus jeune des filles est contente d'aller au centre et à l'école, au point d'ailleurs que le temps scolaire est augmenté afin de permettre « le développement des interactions sociales ». Mais quelque vingt mois plus tard, tout se dégrade. Le père constate « une régression » de sa fille cadette : « Elle ne voulait plus aller au centre ; elle a eu une poussée gigantesque d’eczéma ; elle était redevenue incontinente et se faisait dessus jusqu'à dix fois par jour… » Elle, que des vidéos montrent à l'arrivée dans ce centre calme et gentille, était devenue agressive : « Elle jetait les objets pendant les séances, elle commençait aussi à taper les intervenants », raconte-t-il. Fin 2010 et début 2011, ce père alerte alors la direction du centre en estimant qu'il y avait un problème de prise en charge.

Ainsi écrit-il dans sa lettre : « La mère de mes filles de passage dans le Nord pendant les vacances d’avril est repartie en pleurant lorsqu’elle a vu la psychologue assise sur Alicia pendant 45min dans les toilettes pour ne plus qu’elle bouge. » Pour que l'enfant ne jette plus d'objet, une procédure dite «de blocage» était employée, consistant à lui serrer les bras le long du corps : « Tous les soirs je récupérai ma fille avec de très nombreux bleus sur les bras et poignets », poursuit-il dans sa plainte.

Photographie d'un extrait de la plainte envoyée par Fernando Ramos

De même, il raconte que sa fille a été pendant deux mois régulièrement consignée dans un coin d'une pièce murée par un matelas afin qu'elle ne se cogne pas, et dans le noir absolu, selon la procédure dite du “time out”.

Les punitions, Fernando Ramos ne les conteste pas. Cela, dit-il, « fait partie de la méthode », même s'« il faut mettre le moins souvent possible l'enfant en échec ».

L'ABA consiste en un programme de techniques de modification du comportement et de développement de compétences. Toute « réponse correcte est renforcée positivement c’est-à-dire suivie immédiatement par quelque chose de plaisant pour l’enfant (jouet, bravo…) ». En revanche, les comportements inappropriés « sont explicitement non renforcés et on procède à l’extinction : le comportement inadéquat est ignoré de façon systématique. Il va alors s’éteindre de lui-même puisqu’il n’est jamais renforcé ni socialement, ni d’aucune façon », est-il expliqué sur ce site de promotion de la méthode.

Voici en images ce que cela donne :

Sur cette vidéo de promotion du centre Camus, nulle trace des « procédures punitives » dénoncées par Fernando Ramos.

Pourtant, Vinca Rivière ne les conteste pas non plus : rencontrée dans le centre de Villeneuve-d'Ascq le 27 mars dernier, elle explique que « le time out, c'est une procédure de punition » se reprenant immédiatement en précisant que « littéralement, c'est une “mise au calme” ». Exemple : « Si un enfant a des troubles du comportement associé à des stimulations sensorielles, comme par exemple la lumière, on va faire en sorte que ces stimulations-là ne l'atteignent pas. On va alors réduire la lumière. » Plus concrètement ? Elle précise qu'ici, faute de salle particulière, « on occulte la fenêtre ». « Il y a des institutions qui mettent un chapeau sur la tête pour occulter la lumière », poursuit-elle, voire une cagoule sur la tête de l'enfant.

« Punition par choc électrique »

Pour bien faire comprendre la méthode ABA, elle prend un autre exemple : « En analyse du comportement, il y a des procédures de punition par choc électrique. Tout le monde trouve ça scandaleux, mais c'est accepté par le gouvernement hollandais sous certaines procédures pour des troubles sévères et en derniers recours. Ce qu'on appelle “choc électrique”, on le présente en formation en faisant sucer une pile de 9 volts : ça picote la langue. Mais ça suffit à changer un comportement, je l'ai vu en Hollande, et l'efficacité en est démontrée depuis les années 50. La personne au comportement inapproprié (là, explique-t-elle, une femme qui se tapait violemment le menton – ndlr) porte en permanence à la taille une ceinture reliée à un émetteur placé sur sa cuisse. » À distance, « l'éducateur actionne le dispositif grâce à sa télécommande dès qu'elle émet le comportement. Ça produit effectivement un choc. Mais l'important est de voir que cette personne, qui ne pouvait plus rien faire, a diminué son comportement et a pu faire autre chose. On a des cas d'adulte qui ont acquis davantage d'autonomie avec ça. Cette punition-là, elle est efficace si le comportement diminue rapidement, sinon, ce n'est pas une bonne punition. Donc si ça ne diminue pas, on arrête, on va pas mettre du 80 volts !  Mais en France, dès qu'on parle de ça, on pense à Vol au-dessus d'un nid de coucou... », le film de Milos Forman.

Les inspecteurs mandatés par l'Agence régionale de santé du Nord-Pas-de-Calais n'ont pas recueilli ce type d'explication. Ils ont simplement examiné les faits relatés par la plainte de Fernando Ramos. Toutefois, leur enquête auprès du personnel confirme que « les hématomes (constatés sur les bras de la fillette) sont consécutifs aux blocages exercés par l'éducateur », et que des temps de time-out, solution pourtant dite « extrême », ont bien été mis en place.

Ils constatent aussi que le père de l'enfant n'a pas signé le programme “diminuer les comportements inadaptés” et que rien ne précise dans les comptes-rendus de réunion dans quelles conditions s'est effectué le time out. Enfin, ils notent que la pratique a continué même après que le père, qui nous raconte en avoir appris l'existence par une éducatrice, en a demandé l'arrêt. « Tous ces manquements sont constitutifs de facteurs de risque de maltraitance », concluent les inspecteurs.  



La conclusion du rapport des inspecteurs de l'IGR



À l'évocation d'une plainte d'un parent, Vinca Rivière balaie les accusations : « Des parents en colère, je peux vous dire que, malheureusement, c'est courant... On voit bien la douleur des parents. Mais quand on dit que l'on a 50 % de résultats, on répète qu'on ne fait pas du 100 %. Maintenant, il y a aussi les problèmes sociaux, les parents qui divorcent... Ça a aussi des conséquences, mais comment aider ? On n'a pas forcément les moyens. Mais nos intervenants, ils sont tout le temps supervisés, ils savent utiliser la punition. »

L'encadrement, la formation. C'est pourtant là aussi que le bât blesse.

Un fonctionnement en vase clos

Lors d'une réunion des délégués du personnel, en avril 2011, les éducateurs et les intervenants font part de « leur impression d'être délaissés » et « l'ensemble des salariés constate qu'il y a un manque de supervision ».

Selon les conclusions de l'inspection, « les éducateurs et intervenants nouvellement embauchés bénéficient de deux jours de formation théorique », puis de trois jours d'observation, suivis trois à quatre semaines plus tard d'une formation de deux jours. Sur le papier. Car dans les faits, cette seconde formation « n'a pas été instaurée ».

En outre, certains parents se plaignent, en conseil de la vie sociale, qu'un turn-over important perturbe la prise en charge. En effet, depuis l'ouverture du centre, presque la moitié du personnel intervenant auprès des enfants a démissionné et « les arrêts maladie sont journaliers », constatent les inspecteurs au vu des registres de 2010 et 2011. Vinca Rivière rétorque que « dans les structures expérimentales, le turn-over est toujours important. Car l'exigence n'est pas la même que dans les autres structures. (...) Ici, pour assurer la supervision, on demande à chacun de se filmer. Chaque enfant a un caméscope avec lui, et les éducateurs doivent se filmer pour évaluer leur travail et son efficacité sur l'enfant. Alors certes, quand on met une caméra, au début ça fait drôle, mais c'est pour vérifier que les procédures sont bien utilisées. »

Les parents se plaignent aussi de ne pas être informés que des stagiaires interviennent auprès de leurs enfants. Fernando Ramos lui a compté dix-sept intervenants en un an auprès de sa fille. « Ceci est ce qui ressortait des plannings, mais ceux-ci n’étant pas fiables, elle en a eu beaucoup plus, écrit-il dans sa plainte. Sans compter les stagiaires qui venaient sans l’accord des parents faire des expérimentations sur les enfants, sans aucun contrôle de la direction, les parents n’ont jamais les résultats de tout ça, nos enfants servent de cobayes. »

Assurant proposer pour chaque enfant, à raison d'au moins 30 heures par semaine, la présence constante « d'un, deux, trois, voire quatre adultes dans un cas très difficile », ce centre a naturellement besoin de beaucoup de personnel. Alors durant toute l'année scolaire, des stagiaires en Master 2 “Psychologie spécialité analyse expérimentale appliquée au comportement” de l'université de Lille 3 « assurent des missions d'intervention auprès des enfants et des tâches propres au psychologue », notent les inspecteurs.

Car ce centre entretient des liens très étroits avec l'université de Lille 3 : dans cette université, Vinca Rivière est responsable, d'une part, du master “Analyse expérimentale et appliquée du comportement” et, d'autre part, du diplôme universitaire (DU) “Analyse du comportement appliqué aux troubles du développement et du comportement”. Elle espère de plus obtenir le 6 avril prochain, à l'issue d'un conseil d'administration de l'université, l'ouverture d'une licence professionnelle. « C'est le ministre de l'enseignement supérieur qui l'a demandée », précise-t-elle, reconnaissant que « ce n'est pas la voie normale » pour obtenir la création d'une licence pro, et que le ministère, s'il peut tout à fait suggérer la création d'un diplôme, est dans ce cas passé outre les réserves d'universitaires locaux.  

Au moment de l'inspection de l'ARS, tous les psychologues travaillant au centre Camus étaient titulaires du Master 2 et avaient réalisé leur stage au sein de l'association Pas-à-Pas, et notamment au centre Camus. C'est le cas du directeur adjoint, Olivier Cartigny, beau-fils de Vinca Rivière, nommé à ce poste en janvier 2010 après avoir travaillé au centre Camus comme intervenant durant ses études.

De plus, la majorité des crédits de la formation des éducateurs et intervenants du centre est utilisée pour l'inscription au DU. Enfin, pour ce qui est de la supervision des professionnels du centre Camus, elle est assurée par l'université de Lille 3 en la personne de la trésorière de l'association Pas-à-Pas, Vinca Rivière. Bref, un système en vase clos qui fait dire aux inspecteurs que « les professionnels ne disposent pas d'un recours externe pour exprimer les difficultés rencontrées dans l'exercice de leur fonction » et qu'il est nécessaire d'organiser une supervision externe afin que chacun puisse s'exprimer librement, « hors du cadre hiérarchique ». 80 000 euros par enfant et par an

Mais l'ouverture n'est pas le fort de cette structure. Ici, aucune pluridisciplinarité dans la prise en charge des enfants, contrairement aux recommandations de la Haute autorité de santé. Pas de partenariat non plus avec des structures extérieures, alors que comme le rappelait déjà une première rencontre avec les agents de l'ARS en début 2011, la loi oblige les structures expérimentales à passer des conventions avec d'autres professionnels de santé.

Mais devant le souhait de parents de voir intervenir kinésithérapeutes, orthophonistes, ergothérapeutes, et autres enseignants de français ou mathématiques, Vinca Rivière rétorque qu'« ici, c'est l'ABA et rien d'autre ». Et tant pis si la Haute autorité de santé recommande aux parents d'être « vigilants vis-à-vis des méthodes exigeant une exclusivité de traitement ».

En cette fin mars 2012, à Villeneuve-d'Ascq, elle s'en explique : « Il y a les parents qui veulent faire ça, ça et ça... mais ce n'est pas possible, ce n'est pas dans le protocole scientifique et ça peut avoir des conséquences sur la mise en place du traitement. On ne fera pas entrer dans le centre des professionnels qui n'ont pas de connaissances en analyse du comportement. » Si elle reconnaît, qu'à l'étranger, les centres accueillent, par exemple, des orthophonistes, elle précise que « nous, en France, on ne les prend pas parce qu'ils n'ont pas la même approche scientifique que nous. On veut que les orthophonistes partent dans notre formation à l'université. La base, c'est notre formation ».

À regarder l'organigramme, le centre Camus a pourtant bien un médecin : c'est la sœur de Vinca Rivière, qui y officie trois heures par semaine et s'assure que « les vaccins sont bien à jour », que l'enfant dort bien, grandit bien..., « un suivi somatique tel qu'on peut le faire pour n'importe quel enfant ».

Pourtant, le centre, dont les locaux sont gracieusement mis à disposition par la ville de Villeneuve-d'Ascq, est financièrement très bien doté. Ici, le budget de fonctionnement alloué par le ministère de la santé s'élève à plus de 80 000 euros par enfant et par an. À titre de comparaison, non loin de là, un Itep (Institut thérapeutique éducatif et pédagogique) accueillant 35 enfants majoritairement autistes fonctionne lui avec quelque 45 000 euros par enfant et par an.

« Notre prix, c'est le prix de l'efficacité », rétorque Vinca Rivière, qui assure qu'avec sa méthode « 50 % des enfants qui seront pris avant l'âge de 4 ans n'auront plus besoin de suivi au bout de 2 ou 3 ans ». L'an passé, au centre de Villeneuve-d'Ascq, on ne comptait que quatre enfants dans le groupe des 3-6 ans, et aucun dans le groupe de 0-3 ans. De plus, en vertu d'une procédure « dérogatoire » exceptionnelle, l'admission des enfants se fait sur dossier sélectionné par le centre lui-même, la Maison départementale des personnes handicapées ne pouvant s'opposer à ses choix. Enfin, « le gros souci pour pouvoir voir l'efficacité » selon Vinca Rivière, c'est qu'il faut connaître « les techniques d'observation du traitement comportemental ». Autrement dit, à ses yeux, seuls les professionnels formés à sa méthode sont aptes à juger de ses résultats.

Pas de chance pour la fille de Fernando Ramos. Elle avait 21 mois quand elle rencontra pour la première fois les psychologues de l'association Pas-à-Pas. Aujourd'hui, estime son papa, « elle est dans une impasse » : retourné vivre en Auvergne, il n'a jamais eu connaissance du devenir de sa lettre. Et n'a pas non plus trouvé de structure qui lui convienne pour accueillir sa fille. Il veille donc seul à ses apprentissages et à la modification de son comportement.

Et l'agence régionale de santé confirme que l'autorisation du centre Camus sera renouvelée.

Posté par orthologo à 22:01 - - Commentaires [0]
Tags : ,
01 avril 2012

Lire et faire lire

Lire ? Pas trop mon délire Express_Papier

Les jeunes pratiquent de moins en moins la lecture plaisir. Un phénomène d'autant plus préoccupant qu'il est étroitement lié à leur réussite scolaire. (article de MC Missir, L'Express, n° 3169, 28 mars 2012)

Cofondateur du projet Lire et faire lire, l'écrivain Alexandre Jardin veut redonner aux jeunes le plaisir de la lecture. AFP PHOTO / PATRICK KOVARIK

Les jeunes pratiquent de moins en moins la lecture plaisir. Pour tenter de lutter contre le phénomène, des auteurs s'engagent. 

La lecture plaisir serait-elle réservée aux vieux ? 70 % des jeunes Français de 15 ans lisaient pour leur plaisir en 2000 : ils n'étaient plus que 61 % en 2009, d'après les chiffres figurant dans la dernière étude de l'OCDE sur les performances en lecture des élèves (Pisa 2009). Et le phénomène est mondial. En moyenne, dans les pays de l'OCDE, seuls 37 % des ados éprouvent du plaisir à lire. Ces résultats ne concernent que la lecture "papier". Quand on sait que les jeunes passent au minimum trois heures sur Internet par semaine, faut-il en déduire qu'ils ne lisent pas moins, mais différemment ? L'omniprésence du Web dans le rapport au texte est devenue une préoccupation pédagogique : "On n'est plus dans la situation de lire un texte qui se donne comme ouvrage achevé, oeuvre close, mais toujours dans celle de produire un texte à venir, de le faire évoluer", écrit l'inspectrice générale de lettres Catherine Bechetti-Bizot.  

N'empêche : le rapport des jeunes à la lecture demeure un critère d'appréciation de la qualité des systèmes scolaires, notamment aux yeux des experts de l'OCDE. Et, sur ce point, les résultats sont sans appel : plus les jeunes aiment lire, meilleurs sont leurs résultats scolaires. On comprend mieux pourquoi les pouvoirs publics ont développé, depuis le début des années 2000, des politiques volontaristes d'incitation à la lecture. C'est le cas de Lire et faire lire, une initiative soutenue par le ministère de l'Education nationale.  

"Je suis convaincu que le plaisir de la lecture a des implications politiques gigantesques. La seule manière de pérenniser l'acquis scolaire des enfants, c'est de leur donner du plaisir devant un livre", explique Alexandre Jardin, son cofondateur. L'association s'appuie sur un réseau de 13 000 bénévoles, essentiellement des retraités. Un chiffre qu'elle souhaite fortement augmenter dans les années qui viennent ; d'où son opération "x 4", organisée jusqu'au 4 avril et dont L'Express est partenaire (1 euro reversé pour chaque magazine vendu dans les Maisons de la presse). Des écrivains se rendront dans les Maisons de la presse pour susciter des vocations (Retrouvez ici le programme complet de ces rencontres). Delphine de Vigan est de ceux-là : "Je crois que la meilleure façon de parler aux jeunes de la lecture c'est d'évoquer le plaisir que l'on trouve soi-même à lire, y compris des BD. Les jeunes sont rassurés quand je leur dis que je n'ai pas lu tout Balzac ou tout Dostoïevski. Lire des mangas, c'est déjà lire, au fond", estime-t-elle.  

"Trouver le livre qui fasse entrer dans la lecture"

Pour l'écrivain Elisabeth Brami, elle aussi engagée dans l'association, cette progressive disparition de la lecture "plaisir" s'explique par certaines pratiques enseignantes : "On a confondu sur un plan pédagogique la lecture utilitaire et ce qui relève du littéraire. Tous les textes étaient au même niveau : la fiche cuisine, l'énoncé de grammaire ou le roman." D'autres mettent en cause les méthodes d'apprentissage de la lecture, notamment la méthode dite "globale". Difficile sur ce sujet de démêler la part de fantasme ou de nostalgie d'un âge d'or disparu. Surtout lorsque l'on sait que la méthode globale n'est plus enseignée dans les classes depuis les années 1980. 

Plus que n'importe quelle méthode, la rencontre entre un livre et un lecteur est décisive. "Il faut trouver le livre qui puisse vous faire entrer dans la lecture : c'est ce que je souhaite aux jeunes que je rencontre", résume Delphine de Vigan. Tout simplement. 

 

lire_faire_lire

L'association LIRE ET FAIRE LIRE lance une campagne

Du 28 mars au 3 avril, 17 Maisons de la presse invitent des écrivains du Comité de soutien de Lire et faire lire à venir témoigner de leur expérience de lecteur. La même semaine, le magazine l'Express lancera un appel à bénévoles au profit de Lire et faire lire.

Cette année, le magazine L’Express, en partenariat avec le réseau Maison de la Presse ©, se mobilise pour Lire et faire Lire en lançant un appel à la Une de son édition du 28 mars 2012. Pour chaque exemplaire vendu, 1€ sera reversé à l'association.

La même semaine, du 28 mars au 3 avril, 17 Maisons de la presse invitent des écrivains du Comité de soutien de Lire et faire lire à venir témoigner de leur expérience de lecteur.

lire_faire_lirebanni_re

Posté par orthologo à 14:24 - - Commentaires [0]
Tags : , ,

Pourquoi refuser d'entendre la Parole de l'autre ?

L'orthophonie est une profession paramédicale, c'est à dire que l'orthophoniste travaille sur prescription médicale.

L'orthophonie est donc une profession de santé.

Et les professions de santé voient leur exercice professionnel encadré par le Ministère de la Santé et même la plupart des professions paramédicales dépendent uniquement du Ministère de la Santé, ce qui est bien naturel.

L'histoire de certaines formations a été un peu particulière ce qui explique quelques petites complications pour l'organisation de ces professions.

L'orthophonie en fait partie. En effet, cette formation est à la fois encadrée par logiquement le Ministère de la Santé mais également par le Ministère de l'Enseignement (dénommé dans le gouvernement actuel Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche).

La réingénierie des études d'orthophonie se réalise donc sous la tutelle de ces deux ministères. Elle ne peut avoir de sens que dans une pleine reconnaissance de tous les partenaires  : syndicats représentatifs des salariés, associations professionnelles, associations d'étudiants et les tutelles, comme cela s'est réalisé pour les autres professions paramédicales.

 

Comment une profession peut-elle espérer évoluer, grandir, être reconnue si elle méprise ses tutelles et ses partenaires ?

 

Comment une profession peut-elle avancer si ceux qui s'octroient le titre de représentants transforment les propos des uns et des autres, s'ils diffusent (volontairement) des propos érronés, des informations fausses et au mieux dépassées depuis plusieurs mois ?

 

Non, nous ne sommes plus dans la proposition du 28 octobre d'un Master 1 généraliste et d'un Master 2 de spécialité (propositions que nos collègues kinés ont accepté et applaudi d'ailleurs...).Cf   Master orthophonie... LA REALITE

Depuis le 5 décembre, les tutelles ont montré qu'elles avaient entendu la "colère" d'une partie des orthophonistes (environ 2000 orthophonistes qui savent crier pour une population de professionnels qui dépassent les 20 000). En effet, puisque ces orthophonistes refusaient  la proposition qui leur était faite, il leur a été proposé une seule formation à un niveau Master 1 (bac + 4) ce qui répond équitablement à la réalité des études d'orthophonie qui se réalisent en 4 ans depuis 20 ans pour une reconnaissance à bac + 2.

 

Il semble que ces quelques orthophonistes n'acceptent pas l'expression d'une parole différente de son association qui se dit majoritaire. Comme on peut le lire sur un mur FB, la charte d'un groupe est explicite. 

"Nous pensons sincèrement que les conversations sur les actions et positionnement des syndicats doivent se faire en message privé. Soit entre vous, soit en direction des syndicats eux-mêmes, que vous pouvez tout à fait interroger, ils l'ont précisé.

Il nous semble maladroit que les membres du groupe critiquent publiquement les actions syndicales et vice-versa. Car il s'agit bien de cela: ce groupe est PUBLIC, ouvert à tous et donc aux gens des ministères aussi, qui pourraient conclure qu'on est désuni. Il nous paraissait important de vous le rappeler et nous espérons que vous comprendrez qu'il ne s'agit absolument pas de censure! (...)"

Elle démontre ce qui est particulièrement dommageable pour des orthophonistes leur impossibilité à entendre une parole différente donc la parole de l'autre. En lisant cela on peut se poser la question de ce que représente le langage et la parole pour ces professionnels qui se revendiquent spécialistes du langage ?

Mais n'est-il pas difficile de se confronter à la parole de l'autre surtout quand on n'a pas d'argument valable à lui opposer ?

Pourquoi ces gens sont-ils incapables de se confronter à la réalité ?

Pourquoi errent-ils dans leur toute puissance stérile et immature ?

Pourquoi se montrent-ils aussi irresponsables, en bloquant l'évolution et la reconnaissance d'une profession ?

 Tous les articles sur le sujet :Orthophonie & Master ?