A titre personnel, je refuse de prendre des stagiaires "directs" c'est à dire que je n'accepte pas d'être sur les fichiers des écoles d'orthophonie.

 

 

 

En effet, j'avais déjà trouvé absurde le système d'attribution des stages, de mon temps, en l'occurrence tirage au sort. Il s'avérait que la plupart des étudiants ne choisissaient pas un stage mais une ville. C'est vrai qu'à Lille le système est particulièrement "pervers" étant donné qu'on avait 3 stages différents en même temps donc difficile d'en avoir un à Paris, un à Dunkerque et à Lille.
A l'époque, j'ai recherché tous mes lieux de stage et cela m'a appris aussi à me débrouiller, à écrire des lettres de motivations, faire des CV… et j'ai trouvé des lieux et des maîtres de stage qui correspondaient à ce que j'avais envie de partager.

 

Sur quatre années d’études, j'ai du avoir deux stages par la fac, un en libéral à côté de ma famille donc j’avais des week-ends qui commençaient le jeudi soir et un autre en institution L'institution géniale mais comme me l'avait confiée le médecin chef, les orthos ne sont pas un cadeau et fonctionnent de manière incohérente. Il faut dire qu’il m’appréciait parce que j’avais fait un long stage chez son idole et donc nous pouvions échanger sur ce que j’avais vu, ressenti.

 

Je veux bien donner du temps mais pour des stagiaires motivés et motivants.

Accueillir un stagiaire nécessite beaucoup de temps, et si les demi-journées qu'on peut lui proposer (car souvent demi-journée imposée par l'école) tombent parfois le jour où l'on a le plus de patients à la suite, ou l'après-midi de synthèse... Quel intérêt ?

 

Pour pouvoir être présent à son stagiaire et à ses patients, il faut caser des temps entre chaque PEC et pas toujours simple, car justement ce temps "libéré" est souvent utilisé à la gestion +/- administrative.
Dans l'idéal, il me faudrait 45mn de PEC et 15mn de reprise avec le stagiaire. Dans la réalité impossible. J’ai aussi une liste d’attente dont je culpabilise parfois.

Enfin il y a la réalité d'introduire un tiers dans  certaines PEC, les toutes "nouvelles", les enfants psychotiques... Par contre souvent dans  les groupes les stagiaires sont à leur place et généralement prennent leur place.
Enfin l'introduction d'un stagiaire ne se fait jamais sans l'autorisation du patient.

Dans  une institution, même  si c'est un stagiaire ortho, il faut l'autorisation de tous les collègues qui vont être amenés à un moment ou un autre à présenter leur travail, à échanger avec le stagiaire... Et cela leur demande aussi du temps. J'ai le souvenir des stagiaires infirmiers qui changeaient tous les mois et à qui je devais présenter mon travail, parfois c'était un plaisir mais parfois ce n'était même pas de la corvée...

Donc désormais, je ne fonctionne que par le bouche à oreille. Un des profs de la fac à mes coordonnées personnelles et si elle a des demandes précises d'élèves, elle transmet nos coordonnées et l'étudiant prend contact avec moi. Nous sommes plusieurs orthophoniste à fonctionner de la sorte.