Psynem

Paris, le mercredi 3 juillet 2013
Nous espérions beaucoup du changement de gouvernement pour pouvoir revenir à la raison en matière d'’autisme, loin des polémiques et des clivages inter-professionnels qui ne sont que le fruit de divers lobbyings politiques, commerciaux et journalistiques.
Or la lecture du 3e plan autisme nous montre qu'’il est en quelque sorte plus dangereux encore que les précédents, avec des enjeux qui dépassent, et de loin, la stricte question de l'’autisme.
Qu'’en est-il, tout d'’abord, de la créativité médicale ? Le 3e plan fait l’'apologie du tout-éducatif, ce qui est parfaitement inadmissible. Quelle autre discipline médicale accepterait cela ? Peut-on vraiment imaginer que les cardiologues toléreraient que l'’on vienne choisir à leur place le médicament de l'’infarctus du myocarde ?
Mais c'’est aussi la liberté de choix des parents qui n'’est plus respectée. De quel droit interdire aux parents la possibilité de choisir pour leur enfant, une aide multidimensionnelle incluant une dimension psychothérapeutique ?
Enfin, ce 3e plan signe la mort programmée, en quelque sorte, de la Pédopsychiatrie. En effet, quand l’'Etat nous aura dicté nos conduites à tenir en matière d'’autisme, il cherchera également à le faire en matière d’'hyperactivité, de troubles obsessivo-compulsifs… et ceci sera sans fin.
Que nous restera-t-il à enseigner à nos étudiants ? Comment susciterons-nous des vocations et des enthousiasmes professionnels quand l'’acte médical pourra être remplacé par une simple application de protocoles informatisés ?
 
Au-delà de l’'autisme, de la pédopsychiatrie, et de la psychanalyse, c’est donc aujourd’hui le soin psychique et une certaine conception de la pédopsychiatrie qui se trouvent ainsi gravement menacés, en même temps que la liberté de choix des parents se voit subrepticement amputée.
Plus nous serons nombreux à signer cette lettre ouverte à Mme Marisol Touraine, plus nous aurons de chances de pouvoir changer le cours des choses.
Signez la pétition :