Les kinésithérapeutes demandent à Marisol Touraine un état des lieux sur l'exercice salarié

Publié le 25/11/15 - 17h31 - HOSPIMEDIA

Les organisations professionnelles des masseurs-kinésithérapeutes, qui s'étaient constituées en intersyndicale pour demander — notamment en 2014 — la reconnaissance du diplôme au grade master, reprennent la parole. Mardi 25 novembre, lors du Haut Conseil des professions paramédicales (HCPP), Yvan Tourjansky, secrétaire général du Syndicat national des masseurs-kinésithérapeutes rééducateurs (SNMKR) a lu, au nom de l'ensemble des signataires*, une déclaration dénonçant le "délaissement total des masseurs-kinésithérapeutes hospitaliers et médico-sociaux tant publics que privés par l'État". Pour preuve, en vingt-cinq ans, la moitié de ces professionnels ont quitté les hôpitaux publics. L'intersyndicale s'inquiète tout particulièrement de leurs conditions de travail, leur faible rémunération (NDLR : inférieure aux IDE et nettement inférieure aux IADE, IBODE et Puericultrices) et leur "sous-effectif chronique et croissant, les obligeant à ne répondre qu'à l'urgence du moment avec un impact délétère pour la qualité des soins et la satisfaction du travail". Le nombre considéré comme insuffisant de kinésithérapeutes salariés les mettrait en difficulté pour assurer la formation des étudiants et les projets de recherche. 

L'intersyndicale demande donc à Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes de lancer un état des lieux sur les besoins en kinésithérapie dans les structures de soins. Elle propose même que ce bilan prenne la forme d'une enquête ou d'un rapport de l'Inspection générale des affaires sociales (Igas). Cela permettrait, selon Yvan Tourjansky, contacté par Hospimedia, d'avoir des données précises sur cette situation dénoncée par les professionnels depuis plusieurs années. L'intersyndicale suggère aussi que s'ouvre immédiatement un travail sur les missions, rôles, carrières et organisation des soins des kinésithérapeutes hospitaliers. Enfin, elle propose également l'ouverture rapide de négociations salariales dans tous les secteurs (privé, public). Michèle Lenoir-Salfati, sous-directrice de la DGOS, aurait, de son côté, reconnu au HCPP que les bilans sociaux des hôpitaux publics entre les mains des ARS montrent les tensions qui existent dans les métiers de la rééducation, elle n'a toutefois pas pris d'engagement, a rapporté Yvan Tourjansky.

La problématique de l'exercice salarié pose question depuis plusieurs années. Cet été, l'Ordre des masseurs-kinésithérapeutes a évoqué le sujet en réunion avec le DGOS, Jean Debeaupuis. "Nous lui avons même transmis une série de signalements de postes de masseurs-kinésithérapeutes en établissements occupés par d'autres professionnels, et donc en situation d'exercice illégal", signale à Hospimedia, Pascale Mathieu, présidente de l'ordre.

Lydie Watremetz 
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* Les signataires : CFDT, CFE-CGC, CFTC, CGT, FO, Unsa, Sud, Alizé (syndicat libéraux-salariés), Ordre des masseurs-kinésithérapeutes, Collège nationale de la kinésithérapie salariée (CNKS), Fédération française des masseurs-kinésithérapeutes rééducateurs (FFMKR), Fédération nationale des étudiants en kinésithérapie (Fnek), Syndicat national des instituts de formation en masso-kinésithérapie (Snifmk), Union nationale des syndicats de masseurs-kinésithérapeutes rééducateurs libéraux (SNMKR-OK), Union nationale des masseurs-kinésithérapeutes aveugles et malvoyants (Unakam)

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